L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains (OMCT-FIDH) a alerté vendredi sur la « disparition forcée » de René Missode Koffi, créateur de contenu togolais connu sous le pseudonyme « A votre avis », détenu depuis juillet et dont le sort reste inconnu depuis une semaine.
Selon des informations relayées par le Centre de Documentation et de Formation aux Droits Humains (CDFDH), membre du réseau OMCT, M. Koffi a été extrait de sa cellule disciplinaire à la Prison civile de Lomé le 22 août par des individus en civil assimilés à des agents de sécurité, puis conduit vers une destination inconnue.
Âgé d’une trentaine d’années, « A votre avis » s’était fait remarquer par ses vidéos en ligne dénonçant la répression de la jeunesse et réclamant l’alternance démocratique. Le 18 août, il avait lancé depuis sa détention le mouvement « Justice pour les Prisonniers Politiques et les Prisonniers de Liberté Publique » (JPPP/JPLP), annonçant, avec des codétenus, une grève de la faim illimitée à partir du 27 août.
Ses proches, qui se sont rendus à la prison le 25 août, affirment avoir appris officieusement qu’il aurait été transféré vers la gendarmerie au carrefour Bodjona, où se trouvent les locaux du Service central de recherches et d’investigation criminelle (SCRIC). Mais aucune confirmation officielle n’a été donnée.
Déjà enlevé en juin lors d’un direct sur TikTok dénonçant la répression des manifestations, l’activiste avait été détenu au secret plusieurs jours et torturé, selon l’OMCT. Il avait ensuite été inculpé pour « trouble aggravé à l’ordre public », « atteinte à la sûreté intérieure de l’État » et « incitation à la révolte », avant son incarcération le 9 juillet à Lomé.
Dans son communiqué, l’Observatoire « condamne fermement » cette nouvelle disparition et appelle les autorités togolaises à révéler sans délai où se trouve l’activiste, à le libérer « immédiatement et sans conditions », et à ouvrir une enquête sur ses ravisseurs présumés.
L’organisation exhorte également le gouvernement à incriminer la disparition forcée dans le droit national et à respecter les libertés d’expression et d’association garanties par la Constitution de 2024 et les traités internationaux.
Le Togo a connu en juin une vague de manifestations contre la vie chère et les arrestations arbitraires, sévèrement réprimées selon les ONG locales et internationales.