L’année 2025 aura été marquée par une activité diplomatique soutenue pour le Togo. Le pays a été impliqué dans plusieurs initiatives de médiation sur le continent africain, tout en renforçant sa présence dans les cadres multilatéraux liés à la paix et à la sécurité. Rétrospective.
Médiation dans la crise entre la RDC et le Rwanda
En avril 2025, l’Union africaine a désigné le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé comme médiateur dans le différend opposant la République démocratique du Congo au Rwanda, dans un contexte de fortes tensions dans l’est congolais. Cette mission a donné lieu à une série de consultations diplomatiques menées auprès de partenaires internationaux, notamment en Europe et au Moyen-Orient.
Ces démarches ont abouti, le 4 décembre 2025, à la signature aux États-Unis d’un accord présenté comme une étape vers l’apaisement, en présence du président américain Donald Trump. Si ce texte est salué comme un signal politique, plusieurs observateurs rappellent que sa portée dépendra de son application effective sur le terrain, dans une région marquée par une instabilité chronique.
Cette séquence diplomatique a néanmoins contribué à accroître la visibilité du Togo dans les efforts internationaux de médiation en Afrique centrale.
Sollicitations en Afrique de l’Ouest
Le Togo a également été impliqué dans la gestion de crises en Afrique de l’Ouest. À la suite des tensions sociopolitiques apparues en Guinée-Bissau à partir du 26 novembre 2025, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a confié à Lomé la conduite du Conseil de médiation chargé de faciliter le dialogue entre les acteurs politiques bissau-guinéens.
Dans le domaine sécuritaire, le pays a pris part à plusieurs rencontres internationales consacrées à la lutte contre le terrorisme. En octobre 2025, le Togo a notamment participé au sommet du Processus d’Aqaba à Rome, un cadre de coopération lancé pour coordonner les réponses face à l’extrémisme violent.
Lomé, plateforme de dialogue
Sur le plan diplomatique, la capitale togolaise a accueilli au cours de l’année le Lomé Peace Forum, organisé avec le soutien du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Cette rencontre a réuni des responsables politiques, des experts et des acteurs de la société civile autour des questions de prévention des conflits et de consolidation de la paix en Afrique.
Selon les autorités togolaises, plusieurs délégations des Nations unies ont également effectué des visites à Lomé en 2025, dans le cadre d’échanges sur les initiatives de médiation et de dialogue politique.
Une stratégie à l’épreuve du temps
Ces différentes initiatives traduisent une volonté des autorités togolaises de s’inscrire durablement dans les mécanismes africains de prévention et de résolution des conflits. Pour autant, des analystes soulignent que l’efficacité de cette diplomatie de médiation dépendra, à moyen terme, de résultats concrets sur le terrain et de la capacité des accords soutenus à produire une stabilisation durable.
L’année 2026 devrait ainsi permettre d’évaluer l’impact réel de cet engagement diplomatique, dans un contexte régional toujours marqué par de fortes incertitudes sécuritaires.


