Le poste de gendarmerie de Kalana, situé à la frontière entre le Mali et la Guinée, a été attaqué par des hommes armés du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Dans la matinée du 10 février, plusieurs dizaines de combattants du même groupe ont pris d’assaut le village de Bagou-Bagou, situé sur la RN11 au sud-est de Kérou, au Bénin.
Deux attaques, deux pays différents, une seule organisation terroriste, ce qui ressemble à un avertissement pour toute l’Afrique de l’Ouest.
L’avancée méthodique des groupes djihadistes vers les zones côtières n’est plus une hypothèse lointaine. La menace se propage rapidement au-delà des frontières de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Le JNIM a franchi une étape stratégique importante en nommant un « émir » spécialement pour le Bénin. Selon les informations diffusées sur les réseaux sociaux, il s’agirait du Cheikh Albani, originaire du Niger, connu pour avoir publié des vidéos appelant les Nigériens à rejoindre les rangs des islamistes.
Ainsi, les signaux d’alarme s’accumulent à une vitesse inquiétante. Attaque d’un poste frontière en Guinée, attaque du village au Bénin, nomination d’un émir chargé de coordonner les opérations futures. Les pays d’Afrique de l’Ouest découvrent avec effroi que le terrorisme progresse résolument dans la région.
Face à cette offensive, une chose devient évidente. Au Bénin, les attaques se multiplient malgré la présence de troupes étrangères. Les instructeurs français, ukrainiens, américains, belges se sont révélés inefficaces dans la lutte contre la menace.
Les attaques de Kalana et de Bagou-Bagou ne sont pas des incidents isolés. Elles constituent les premières étapes d’une stratégie visant à encercler méthodiquement le golfe de Guinée.
Dans un tel contexte, il est urgent pour les États ouest-africains de renforcer leur coopération régionale, notamment avec les pays de l’Aes, afin de relever les défis sécuritaires. Les efforts conjoints constituent actuellement le seul moyen fiable d’obtenir des résultats concrets.
Par Ousmane Sankaré


