Lomé, la capitale togolaise, célèbre depuis mardi la semaine de la haute couture africaine avec la 13ᵉ édition de YAS FIMO 228. Cet événement international, qui mobilise des designers de renom venus d’Afrique et d’Europe et d’Amérique…, est placé sous le thème : « Naître et renaître ».
En prélude aux grands défilés des 26, 27 et 28 février 2026, le festival a misé sur la professionnalisation de l’écosystème de la mode togolaise et africaine, en organisant ce mercredi 25 février une master class de haut niveau, réunissant créateurs, stylistes, étudiants et passionnés autour d’un panel international de renom.
La rencontre, animée par le journaliste canadien Stéphane Leduc, a rassemblé Helmer Joseph (Haïti), Fauvette Nacto (Guadeloupe) et Nadine Gonzalez (Institut régional de la mode en Afrique). Pendant trois heures, ils ont échangé sur l’identité créative, la discipline, la formation et l’ancrage culturel dans un marché mondialisé.
« La mode demande du temps. Il faut cheminer avant de définir son univers », a confié Helmer Joseph. Fauvette Nacto, elle, a expliqué n’avoir trouvé sa véritable vocation qu’à 38 ans. Le message est clair : l’identité stylistique se construit avec l’expérience, chaque collection racontant une histoire personnelle ou émotionnelle.


Les participants ont également été invités à réfléchir à la construction et à la consolidation de leur identité artistique dans un monde dominé par les grands créateurs. Helmer a insisté : « S’inspirer des autres pour parfaire son identité, mais au-delà, c’est au designer de définir l’identité qu’il veut vendre ou faire porter aux personnes qu’il habille. Il faut affirmer dès le départ son identité ».
La formation technique a été au cœur des échanges. Broderie, modélisme, moulage ou upcycling : la polyvalence permet une autonomie précieuse. « Le talent ne représente que 20 % du métier. Le reste, c’est la rigueur, l’organisation et la discipline », a souligné Helmer. La transmission aux jeunes générations est jugée essentielle pour assurer l’avenir de la mode africaine.
Une autre dimension abordée a été l’accompagnement et le financement des projets. Les participants ont été sensibilisés aux modalités d’accès aux fonds et à l’importance d’un plan d’affaires solide. « Il faut toujours exprimer vos besoins avec clarté et montrer votre capacité de production », a expliqué un intervenant, insistant sur la construction d’une relation de confiance avec les partenaires et investisseurs.
Les racines culturelles restent également au cœur de la créativité. Pour Helmer Joseph, « revenir aux sources permet de réinterpréter matériaux locaux et souvenirs d’enfance dans ses créations ». Une philosophie partagée par tous : l’inspiration puise dans les traditions sans jamais brider la créativité.

Pour Jacques Logoh, fondateur de YAS FIMO 228, l’enjeu est clair : « Chaque année, nous invitons des créateurs internationaux pour favoriser un véritable échange avec les jeunes du Togo et de l’Afrique. La mode est un secteur économiquement porteur. Il faut de la détermination, du professionnalisme et une identité forte pour se faire une place à l’international ».

YAS Togo, partenaire historique, rappelle son engagement à soutenir l’écosystème culturel et créatif local. Dela Djaou, chargé de communication, souligne que « cette master class rend l’écosystème accessible aux jeunes talents et accompagne des initiatives porteuses de valeurs fortes pour stylistes et modélistes ».
En définitive, cette master class confirme que YAS FIMO 228 dépasse le simple défilé : elle devient une plateforme de professionnalisation, de partage et de rayonnement international, donnant aux jeunes créateurs togolais les outils pour s’affirmer sur la scène mondiale tout en valorisant leur identité culturelle.


