Le Togo et le Système des Nations unies poursuivent le renforcement de leur coopération, à la faveur de la session du Comité de pilotage du Cadre de coopération pour le développement durable 2023-2026. Réunis à Lomé, responsables gouvernementaux et représentants onusiens ont dressé un bilan jugé « encourageant », tout en soulignant la nécessité d’une meilleure efficacité et d’un alignement accru sur les priorités nationales.
Signé en février 2023, ce cadre constitue l’outil principal d’accompagnement du pays vers les Objectifs de développement durable (ODD). Il s’inscrit dans la continuité de la feuille de route gouvernementale 2020-2025 et, désormais, dans la nouvelle architecture institutionnelle issue de la 5ᵉ République, entrée en vigueur après la réforme constitutionnelle de 2024.
Prenant la parole au nom du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, la ministre secrétaire générale de la Présidence, Sandra Ablamba Johnson, a insisté sur la convergence entre les priorités nationales et les interventions du système onusien. Trois axes structurent cette coopération : la promotion d’une croissance inclusive, le développement du capital humain et le renforcement de la gouvernance et de la cohésion sociale.
Sur le terrain, les autorités mettent en avant des résultats concrets. Plus de 107 000 petits producteurs agricoles ont bénéficié d’un accompagnement technique, tandis que plus de 5 000 femmes ont accédé à des dispositifs d’épargne et de crédit communautaires. Dans le secteur social, 64 salles de classe ont été construites ou rénovées et quelque 64 000 enfants bénéficient de programmes de cantines scolaires. En matière d’environnement, trois millions d’arbres ont été plantés et près de 88 500 hectares d’aires protégées placés sous gestion durable.
Dans le domaine de la santé et de la protection sociale, les programmes soutenus par les agences onusiennes ont permis la prise en charge de plus de 6 000 victimes de violences basées sur le genre et l’assistance à plus de 113 000 accouchements dans la région des Savanes, confrontée à des défis sécuritaires et humanitaires croissants.
Pour Lomé, ce partenariat intervient dans un contexte international incertain, marqué par les crises économiques, climatiques et sécuritaires. Le gouvernement met en avant la stabilité institutionnelle et les réformes engagées pour améliorer la gestion publique et renforcer l’attractivité du pays auprès des partenaires techniques et financiers.
Mais au-delà du bilan, les autorités togolaises affichent de nouvelles exigences. Elles plaident pour un meilleur suivi des projets, une amélioration de la qualité de la dépense publique et un alignement strict des interventions sur les priorités nationales. L’exploration d’un fonds fiduciaire multipartenaire est également envisagée afin de mieux coordonner les financements et maximiser leur impact.
Ce renforcement de la coopération intervient à un moment charnière, alors que le Togo prépare sa prochaine stratégie nationale de développement. Pour les Nations unies, le pays apparaît comme un partenaire stable dans une région confrontée à des fragilités multiples.
Reste que l’efficacité réelle de cette coopération sera jugée à l’aune de ses effets sur les conditions de vie des populations, dans un pays où les attentes sociales demeurent élevées. Pour Lomé, le défi est désormais clair : transformer ce partenariat structuré en levier tangible de croissance inclusive et de cohésion sociale, dans le cadre de la nouvelle 5ᵉ République.


