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Trafic d’êtres humains au Nigeria : un Togolais raconte son calvaire, six suspects arrêtés

Un ressortissant togolais a échappé de justesse à un réseau présumé de trafic d’êtres humains opérant entre le Togo et le Nigeria. Selon une annonce faite ce week-end par les autorités nigérianes, son témoignage a conduit à l’arrestation de six suspects et au sauvetage de plusieurs victimes dans l’État d’Ondo, au sud-ouest du Nigeria.

Selon les médias locaux nigérians, la victime, identifiée comme Meale Yaoili, a réussi à s’enfuir avant de se rendre au poste de police de Yaba, où il a porté plainte contre ses ravisseurs. Il affirme avoir été attiré du Togo vers le Nigeria sous le prétexte fallacieux d’une opportunité d’emploi au Canada.

D’après son récit, les recruteurs lui auraient fait croire qu’il n’existait pas d’ambassade canadienne au Togo, et que les démarches devaient obligatoirement se faire depuis le Nigeria. Convaincu, il aurait accepté le voyage. À son arrivée, ses effets personnels auraient été confisqués et il aurait été retenu contre sa volonté.

La victime indique avoir versé environ 800 000 francs CFA pour cette supposée opportunité professionnelle avant de se rendre compte qu’il était en réalité tombé dans un piège.

Confirmant les faits, le porte-parole de la police de l’État d’Ondo, DSP Abayomi Jimoh, a déclaré que les forces de l’ordre ont immédiatement lancé une opération à la suite de la plainte. Cette intervention a permis l’arrestation de six suspects lors d’une descente dans un local présenté comme le centre des activités illégales, ainsi que le sauvetage de trois victimes.

Dans un développement connexe, la police a également mis au jour un autre réseau présumé de traite humaine, après qu’une affaire initialement signalée comme un cas de banditisme a été transférée au département des investigations criminelles de l’État.

Les premières conclusions de l’enquête révèlent que les suspects seraient des immigrés en situation irrégulière originaires du Tchad, recrutés sous de faux prétextes. Les autorités policières précisent que toutes les personnes secourues sont considérées comme des victimes et bénéficient d’une prise en charge appropriée, tandis que les investigations se poursuivent.

Le trafic d’êtres humains n’est pas un phénomène nouveau en Afrique de l’Ouest. Depuis plusieurs années, de nombreux citoyens de la sous-région ont été victimes de réseaux similaires, opérant notamment depuis le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire ou encore le Burkina Faso, avec de fausses promesses d’emplois ou de migration vers l’Europe et l’Amérique du Nord.

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