À Lomé, le bras de fer entre les autorités et les occupants installés sur la plage du Golfe 1 entre dans sa phase décisive. Après plus d’un an de mises en demeure, de concertations et de délais supplémentaires, la libération du littoral apparaît désormais inévitable, même si l’opération a été temporairement suspendue pour mieux coordonner l’action publique.
L’affaire remonte au 7 novembre 2024. Ce jour-là, la mairie du Golfe 1 adresse une mise en demeure officielle aux propriétaires de bars et autres occupants du domaine public maritime, leur enjoignant de quitter les lieux avant le 31 janvier 2025. L’objectif est clair : mettre fin aux occupations jugées irrégulières et réaffirmer l’autorité publique sur cet espace stratégique.
Mais à l’échéance fixée, aucun départ significatif n’est constaté. Les occupants saisissent alors la Commission nationale des droits de l’homme et obtiennent, à l’issue de discussions avec la municipalité, un délai exceptionnel d’un an. Une concession qui se voulait une main tendue, dans un esprit de dialogue social.
Ce sursis n’aura toutefois pas suffi. Le 16 décembre 2025, une nouvelle correspondance de la mairie fixe une échéance définitive au 28 février 2026, avec un avertissement sans ambiguïté : passé ce délai, une expulsion sera engagée « par toutes voies réglementaires en vigueur ». Lors d’une rencontre organisée le 19 février au centre communautaire d’Adakpamé, les autorités rappellent que les occupants ont bénéficié de plus d’un an pour anticiper leur départ.
Mais un nouveau tournant intervient le 26 février, lors d’une réunion stratégique au ministère de l’Administration territoriale. Autour de la table, plusieurs membres du gouvernement et responsables administratifs décident d’harmoniser les opérations de libération du littoral dans plusieurs communes du Grand Lomé et des Lacs.
Conséquence immédiate : l’intervention prévue le 28 février est suspendue, le temps d’affiner une stratégie coordonnée. Pour les autorités, il ne s’agit pas d’un recul, mais d’un ajustement.
La reprise du domaine public maritime reste une priorité affichée. Et cette fois, la manœuvre dépasse le cadre du Golfe 1 : c’est toute la reconfiguration du littoral loméen qui est en jeu.


