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Arts – « L’Ange de la Paix » : Kokou Ekouagou entre ciel et terre

Dans son atelier d’Agoè-Kové, au nord de Lomé, Kokou Ekouagou poursuit une démarche artistique singulière, à la croisée de la réflexion esthétique et de l’engagement humain. Avec L’Ange de la Paix (2026), l’artiste propose une œuvre dense, à la fois visuelle et spirituelle, qui interroge les fractures contemporaines et esquisse une réponse : celle de la paix comme construction collective.

Dans le texte qui accompagne cette création, l’artiste pose d’emblée le décor : « Dans un monde où le chaos semble régner en maître, par nos prières collectives et individuelles, une entité descendit des cieux. » L’image est forte. Elle convoque une figure protectrice, aux « ailes d’un blanc éclatant », incarnant à la fois refuge et espérance.

L’ange, au centre de l’œuvre, n’est pas une simple représentation mystique. « Son corps, d’une musculature sereine, porte un symbole de paix, un signe universel d’espoir et de réconciliation », écrit Ekouagou, inscrivant ainsi son travail dans une symbolique accessible, au-delà des frontières culturelles.

Autour de cette figure, les éléments visuels dialoguent avec le propos. « Le vert intense rappelle la nature luxuriante, tandis que le jaune parsemé d’étoiles célèbre la beauté de l’univers », précise-t-il. Mais ce sont surtout les deux mains monumentales qui structurent l’œuvre : « Ces mains symbolisent l’humanité, tendues vers la paix, cherchant refuge et réconfort. »

L’artiste va plus loin en leur donnant une portée active : « Ces mains ne sont pas seulement un symbole, mais une invitation à l’action. » Une manière de déplacer la paix du registre de l’idéal vers celui de la responsabilité individuelle et collective.

Dans cette perspective, L’Ange de la Paix se lit comme un manifeste. « Le message est simple : la Paix n’est pas une utopie lointaine, mais une force palpable », affirme Ekouagou. Une conviction qui s’inscrit dans un parcours de plus de deux décennies, marqué par une œuvre transversale mêlant peinture, sculpture et installation.

À travers cette création, l’artiste ne cherche ni à juger ni à dénoncer frontalement. « L’Ange de la Paix n’est pas venue pour juger, mais pour guider », insiste-t-il. Une posture qui traduit une vision : celle d’un art capable de relier, d’apaiser et de projeter.

Dans un contexte global traversé par les tensions, l’œuvre de Kokou Ekouagou rappelle que la paix ne se décrète pas. Elle se construit. Lentement. « Une main, des mains tendues, un cœur empli de paix… », conclut-il, esquissant les contours d’un futur encore fragile, mais possible.

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