L’opposition togolaise, souvent dépeinte comme affaiblie, démontre pourtant une capacité de résistance qui mérite d’être soulignée. Malgré un meeting populaire organisé le 23 mars 2025 pour contester la nouvelle Constitution, les critiques pleuvent sur son apparente impuissance. Mais selon les analyses du politologue Madji Diabakaté, recueillies au micro de DW, derrière ce tableau sombre se dessine une lutte discrète, portée par des stratégies d’adaptation face à un pouvoir autoritaire.
«L’opposition togolaise fait la politique de ses moyens et à la discrétion des moyens que le pouvoir lui laisse pour pouvoir le combattre», explique-t-il. Cette phrase révèle une réalité souvent occultée : loin de se résigner, les opposants ajustent leurs méthodes pour survivre à un régime autoritaire qui, depuis des décennies, use de répression et d’intimidation. Le meeting populaire du 23 mars 2025, organisé pour contester la nouvelle Constitution, illustre cette capacité à mobiliser malgré les contraintes.
Diabakaté, toujours au micro de DW, insiste : « L’opposition togolaise fait face à une forte répression, tant sur le plan politique que médiatique. Les menaces, les arrestations arbitraires, les violences policières ». Pourtant, cette adversité n’a pas totalement éteint la flamme contestataire. Les leaders, conscients du désenchantement populaire, maintiennent une présence, même ténue, pour ne pas céder entièrement le terrain. Cette prudence, parfois perçue comme une faiblesse, est en réalité une forme de survie dans un système où les institutions, dépourvues d’indépendance, jouent en faveur du régime. « Les opposants comprennent la déception des gens, mais ils ne peuvent pas faire mieux que ça », ajoute-t-il au micro de DW.
Si les divisions internes, comme les démissions au sein de l’ANC ou les compromissions de certaines figures avec le pouvoir, fragilisent son image, elles ne racontent pas toute l’histoire. « L’opposition togolaise est souvent perçue comme faible, mais cela est normal parce qu’elle doit faire face à de nombreuses misères engendrées par le pouvoir en place », insiste l’expert. Dans ce contexte, sa survie même pourrait être vue comme une forme de victoire, preuve d’une détermination qui refuse de plier, même sur un terrain miné.
Avec notre opposition, le regroupement des partis politiques commence toujours bien, mais ne dure pas… Espérons que cette fois-ci est la bonne… L’efficacité de leur stratégie va se vérifier dans les urnes.