L’hebdomadaire togolais “La Dépêche” se retrouve une fois encore dans la tourmente. Suspendu en mars 2024 pour des violations répétées des règles professionnelles, le journal vient d’écoper d’une nouvelle suspension de trois mois, prononcée le lundi 24 mars 2025 par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) à l’issue d’une séance plénière tenue à son siège à Lomé.
Cette décision fait suite à la publication de deux articles controversés. Le premier, paru dans le numéro 1224 du 5 mars 2025, titrait à la Une et en page 6 : “Impossible mariage du DG Albert Kossivi Naku (86 ans) et de mademoiselle Sossou Emefa Heovi Essy (40 ans)”. Le second, dans le numéro 1226 du 19 mars 2025, poursuivait avec “Impossible mariage de Nakou Kossivi Démagna et Sossou Emefa Heovi Essy : (suite) Qui est Yolande Emefa Heovi Essy ?”. Ces publications ont suscité une plainte déposée le 20 mars 2025 par Nakou Kossivi Démagna, entrepreneur à la retraite et ancien président du Patronat du Togo, qui accuse le journal de diffamation, calomnie, mensonges et insultes.
Lors de l’audience organisée par la HAAC ce lundi, Komi Mawu, rédacteur en chef de “La Dépêche” et représentant du directeur de publication Apollinaire Mewenemesse, a reconnu la gravité des fautes commises. Il a admis que les articles portaient atteinte à la vie privée de M. Nakou et de Mlle Sossou, révélant au passage le caractère confidentiel de leur relation. Présentant ses excuses, il a assuré que le journal était prêt à réparer les torts causés. Cependant, la HAAC a déploré des “propos outrageants et injurieux” publiés sans vérification préalable auprès de M. Nakou, soulignant un manque flagrant de rigueur journalistique.
L’institution n’a pas manqué de rappeler que “La Dépêche” est un récidiviste, coutumier des entorses graves à la déontologie et à l’éthique. Cette nouvelle suspension, qui intervient un an après une première sanction.