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Afrique : au départ, la polygamie a été créée par les femmes, révèle cette traditionnaliste 

Qui a créé la polygamie ? La polygamie ancestrale est-elle la même chose que ce qui se fait actuellement ? Selon Ngo Djeng Put, une traditionnaliste Bassa et écrivaine camerounaise, avant la rencontre des Africains avec les autres, la polygamie a été créée par les femmes.

« Les femmes avaient besoin de la polygamie pour pouvoir remplir correctement leur rôle de femme dans la nature. C’est pour ça qu’elles l’ont créée et la géraient. Dans ce contexte, la jalousie n’existait pas et elles n’étaient pas dans une logique de recherche de plaisir mais de fabrication de vie à haut niveau », a-t-elle déclaré lors d’une émission sur Kemet TV.

Selon cette animiste convaincue, cette institution créée par les femmes leur permettait de gérer leurs périodes spécifiques, des contraintes auxquelles les hommes n’étaient pas soumis. C’est donc pour permettre à la femme de gérer ses périodes spécifiques où elle doit observer l’abstinence que les femmes ont créé cette institution chère à l’Afrique.

Selon elle, ces périodes sont nombreuses. La première, c’est la période de menstruation. Aussi, au niveau de la maternité, les femmes se référaient-elles à la lune pour porter la grossesse et donner naissance à des garçons ou à des filles. Et suivant le sexe qu’une femme veut faire, elle devrait préparer son corps et marquer un temps d’arrêt afin d’avoir les données de la nature environnante.

L’autre raison, c’est que les femmes avaient constaté que lorsqu’elles ont des relations sexuelles avec l’homme, le corps de l’homme (sperme) restait vivant en elle pendant 3 jours, ce que la science moderne a confirmé par la suite. Ainsi, pour faire certains travaux spécifiquement féminins, notamment liés à la tradition, à la cuisine, à la résolution des conflits, à l’agriculture etc, a-t-elle énuméré, la femme évitait de faire le sexe pour bien remplir ces tâches.

A toutes ces raisons, s’ajoute l’épineux problème de la première enfance : la femme Bassa, selon Ngo Djeng, avait une relation fusionnelle avec son nouveau-né. Elle ne se séparait de celui-ci que lorsqu’il marche fermement sur le sol. Pendant toute cette période, note-t-elle, la femme ne pouvait pas avoir de relation avec son homme, ce qui pouvait durer un an.

« Nous sommes dans une logique où la plus grande richesse, c’est l’homme. Avant notre rencontre avec les autres, la femme Bassa était considérée comme la mère de la vie, celle qui porte et protège la vie. Elle avait une place centrale dans la société. Aujourd’hui, la plus grande richesse, c’est l’argent », a-t-elle souligné.

Le plus souvent, soutient cette traditionnaliste, ce sont les femmes qui allaient chercher les femmes pour leur mari.

Pour Ngo Djeng Put, la différence de genre est une donnée fondamentale en Afrique. « La femme est femme et l’homme est l’homme. Nul n’est est au-dessus de l’autre. Chacun est conscient du rôle qu’il doit jouer pour que la vie continue dans de bonnes conditions », a-t-elle précisé.

Et pour les Africains qui critiquent sans cesse les choix faits par leurs ancêtres, elle dit qu’on ne comprend la culture africaine que lorsqu’on entre dans la vision ancestrale.

Cette belle institution créée par les femmes va prendre un sérieux coup avec l’avènement de la traite négrière qui, selon la Camerounaise, va donner une valeur marchande à l’être humain.

« Les femmes ont payé le prix fort de cette histoire. Non seulement, elles ont été achetées comme les autres mais aussi les hommes ont vu en ça la possibilité d’acheter les femmes et d’augmenter leur prestige. Et c’est tellement vrai par ce qu’on appelle aujourd’hui dot qui n’a rien de traditionnel », a-t-elle soutenu.

La situation va s’empirer avec le colonialisme qui a introduit l’instruction et le travail des femmes. La polygamie, regrette-t-elle, va devenir l’achat des femmes par les hommes, avec le sexe qui a pris le dessus sur tout le reste. C’est donc contre cette nouvelle institution que les contempteurs de la polygamie s’acharnent.

Source: Global Actu

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