Les années se suivent et se ressemblent malheureusement pour les Togolais. Malgré les grands défis auxquels ce pays fait face, son premier décideur s’est plutôt employé à accueillir les sommets et forums. En 2025, on peut citer entre autres la Conférence de l’Union Africaine sur la Dette à Lomé du 12-14 mai, le Sommet Royaume-Uni-Afrique francophone (UK-WCAF IV) les 12 et 13 novembre, le 9ème Congrès Panafricain du 8 au 12 décembre 2025 à Lomé.
Des rendez-vous loin des préoccupations majeures des Togolais. Pis, on parle souvent de co-organisation et ce sont les deniers publics qui en pâtissent devant les urgences qui attendent.
2026 s’ouvre et ce n’est malheureusement pas la fin.
Cette année s’ouvre à Lomé précisément le samedi 17 janvier avec les travaux de la réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en République Démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs.
Sous le manteau de Médiateur de l’Union Africaine, Faure Gnassingbé a présidé cette « rencontre de haut niveau » avec des déclarations fortes : « Nous ne sommes plus au temps des diagnostics répétés. Nous ne sommes plus au temps des déclarations, qui se superposent sans toujours se renforcer. La situation en République Démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs nous oblige à la cohérence de l’action…L’Afrique ne doit pas échouer dans sa mission de paix.
L’enjeu est donc d’abord celui des conditions d’une paix durable en RDC et dans les Grands Lacs. Il est aussi celui de la maturité politique de l’action africaine face aux défis de sécurité et de stabilité du continent… Il ne suffit pas de proclamer la paix. Il faut la construire dans le temps. Et nous savons qu’elle s’affaiblit lorsque les initiatives se juxtaposent sans coordination. L’expérience récente nous l’a montré : la fragmentation des cadres, des médiations et des initiatives affaiblit la paix plus qu’elle ne la sert. »
A ces rencontres à Lomé, qui paie la facture ? Que gagne le Togo ?
Pour le cas précis de la RD Congo, des Accords de paix ont été signé au Qatar et aux Etats Unis d’Amérique en présence des émissaires de l’UA. Que reste-t-il à faire ? Pourquoi se mettre ensemble pour éviter justement « la fragmentation des cadres, des médiations et des initiatives (qui) affaiblit la paix plus qu’elle ne la sert. »
Au-delà de tout, Faure Gnassingbé est avant tout à la tête du Togo. Ses priorités doivent demeurer le bien- être des Togolais. Il donne l’impression d’être plutôt au service de l’Afrique ou du monde. Aucun dirigeant ne se met dans une telle posture pendant que son propre pays est « socialement délabré, économiquement exsangue et politiquement divisé.»
Cela fait déjà plus de 20 ans que le successeur de Eyadema Gnassingbé n’arrive pas à relever le Togo. Les médiations dans les autres pays ne changent rien sur la précarité et la paupérisation du Togo.
Honoré ADONTUI
Source : Lecorrecteur.tg


