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Gouvernement–UNICEF : l’USP de Bouladè, un modèle réussi de PCI

USP Bouladè /Crédits photo: UNICEF/Togo/CombeyCOMBETEY

Située à une quinzaine de kilomètres au sud de la ville de Kara, dans la préfecture d’Assoli, l’Unité de Soins Périphérique (USP) de Bouladè illustre aujourd’hui l’impact tangible des interventions en matière de Prévention et de Contrôle des Infections (PCI). Deux ans après l’appui technique et matériel du Gouvernement du Togo, en partenariat avec l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), l’UNICEF et d’autres partenaires, les résultats sont visibles, mesurables et salués par les bénéficiaires.

Un constat alarmant à l’origine de l’intervention

Avant 2024, la situation sanitaire à l’USP de Bouladè reflétait les difficultés structurelles de nombreux centres de santé ruraux. Faute de moyens financiers suffisants, les pratiques d’hygiène reposaient essentiellement sur des « moyens de bord ». L’absence de dispositifs fixes de lavage des mains, le manque d’intrants PCI et une formation limitée du personnel exposaient patients et soignants aux infections croisées et aux maladies nosocomiales.

Dans une aire sanitaire de plus de 4 900 habitants en 2025, dont 179 femmes enceintes et 154 enfants de 0 à 11 mois, le paludisme représentait près de 50 % des consultations, tandis que les maladies infectieuses parasitaires constituaient la deuxième cause d’hospitalisation. Une situation qui appelait une réponse structurelle et durable.

Un appui global : formation, équipements et infrastructures

C’est dans ce contexte que le district sanitaire de l’Assoli, avec l’appui de l’UNICEF, a bénéficié entre 2024 et 2025 d’un ensemble d’interventions intégrées dans les formations sanitaires de Bouladè, Soudou, Gandè, Aledjo et Koumondè.

PIGNANDI Solim, ingénieur Eau et Assainissement et point focal WASH/PCI du district de l’Assoli. @UNICEF/Togo/CombeyCOMBETEY
PIGNANDI Solim, ingénieur Eau et Assainissement et point focal WASH/PCI du district de l’Assoli. @UNICEF/Togo/Combey COMBETEY

À Bouladè, l’appui a compris la formation des agents de santé à la PCI, la dotation en intrants essentiels (savon liquide, chlore, gants, cache-nez, pulvérisateurs) et surtout l’installation de dispositifs fixes de lavage des mains en maçonnerie à l’entrée du centre.

« Ces dons nous ont énormément soulagés, car les formations sanitaires n’ont pas toujours les moyens de s’équiper correctement pour la pratique de la PCI », explique PIGNANDI Solim, ingénieur Eau et Assainissement et point focal WASH/PCI du district de l’Assoli.

« Aujourd’hui, toute personne qui entre dans l’USP lave ses mains avant d’accéder aux services, ce qui limite fortement l’introduction de germes dans le centre », ajoute-il.

Des impacts concrets et mesurables

Deux ans après, les effets sont significatifs. Selon les registres de l’USP, la pratique systématique de la PCI a permis de réduire considérablement les cas de diarrhées et d’infections croisées, notamment chez les enfants et les femmes enceintes.

« Avant, les patients arrivaient sans pouvoir se laver correctement les mains. Aujourd’hui, ce geste simple élimine les germes manuportés et réduit les risques de contamination », témoigne TOMBEGOU Lombéna Bamonigami, accoucheuse auxiliaire à l’USP de Bouladè, formée en PCI.

Elle souligne également l’importance de la formation reçue : « J’ai appris à me protéger, à protéger les patients, à trier les déchets médicaux, à préparer l’eau de javel, à stériliser le matériel après les accouchements. Cela évite que les malades repartent avec des maladies contractées à l’hôpital. »

Une reconnaissance unanime

Les bénéficiaires saluent unanimement l’appui du Gouvernement, de l’UNICEF et de l’USAID. « Ces équipements ont changé notre façon de travailler. La qualité des soins s’est améliorée et nous exerçons désormais dans de meilleures conditions de sécurité », insiste l’accoucheuse auxiliaire, appelant à la poursuite de ce soutien.

Cap sur 2026 : consolider et étendre les acquis

Pour AWESSO Egbarè Essohouna, infirmier diplômé d’État et responsable de la formation sanitaire de Bouladè, les perspectives pour 2026 sont claires : renforcer les acquis et répondre à une population en croissance, estimée à 5 083 habitants, avec 188 femmes enceintes, 163 nourrissons et 1 210 femmes en âge de procréer.

AWESSO Egbarè Essohouna, Infirmier diplômé d’Etat, responsable de la formation sanitaire (RFS) de Bouladè @UNICEF/Togo/CombeyCOMBETEY

« Nous voulons maintenir la formation continue en PCI, assurer la disponibilité permanente des intrants et étendre la sensibilisation au-delà du centre de santé, dans toute la communauté », explique-t-il.

À Bouladè, l’USP ne se limite plus à soigner : elle devient un véritable pôle de prévention et de changement de comportement, démontrant que des investissements ciblés en hygiène et en formation peuvent transformer durablement les systèmes de santé locaux.

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