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Affaire Damiba : « Plus aucun réfugié politique n’est en sécurité au Togo », selon l’ANC

Dans une déclaration rendue publique, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) revient sur l’affaire de Sandaogo Damiba, récemment « livré » par les autorités togolaises aux autorités burkinabè issues du coup d’État militaire qui l’a renversé. Le parti de Jean-Pierre Fabre condamne fermement l’attitude du gouvernement togolais. Il souligne que, par cet acte, qui marque une « rupture brutale avec les principes fondamentaux du droit d’asile, du droit international et des valeurs humanistes », les autorités togolaises envoient un message glaçant : plus aucun réfugié politique n’est en sécurité au Togo. Lecture.

Déclaration: L’ANC condamne la livraison de M. Henri Sandaogo Damiba aux autorités burkinabé

L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) exprime sa consternation et sa réprobation face à la remise par les autorités togolaises de M. Henri Sandaogo Damiba, ancien Président du Burkina Faso, aux autorités burkinabè issues du coup d’État militaire qui l’a renversé.

Par cet acte, le régime togolais pose un précédent gravissime, qui marque une rupture brutale avec les principes fondamentaux du droit d’asile, du droit international et des valeurs humanistes dont le Togo se réclamait jusqu’ici.

C’est un acte de refoulement politique déguisé, une trahison manifeste des obligations internationales du Togo, un acte de soumission diplomatique indigne, exécuté au mépris de la vie, de la sécurité et des droits fondamentaux d’un réfugié politique placé sous la protection de l’État togolais depuis plus de trois ans.

Le principe de non-refoulement, pilier du droit intemational qui interdit aux Etats de renvoyer des réfugiés vers un pays où leur vie ou leur liberté est menacée, a été cyniquement violé. Aucun État responsable ne peut livrer un réfugié aux autorités mêmes dont il a fui le pouvoir, surtout lorsqu’il s’agit d’un régime militaire issu d’un coup d’Etat. Même si le Togo fonde sa décision d’extradition de Paul Henri Sandaogo Damiba sur des “garanties” du respect de son intégrité physique et de sa dignité, de ses droits lui épargnant la peine de mort.

Les accusations de détournement criminel de deniers publics, d’enrichissement criminel, de corruption, d’incitation à la commission de délits et crimes, de recel aggravé et blanchiment de capitaux, avancées par les autorités du Burkina Faso et retenues par le gouvernement togolais, apparaissent comme un prétexte politique commode cousu de fil blanc, non étayé par la moindre décision judiciaire indépendante, ni par la production de preuves vérifiables.

L’ANC dénonce un procés expéditif, une décision arbitraire, opaque et unilatérale, prise en dehors de toute procédure contradictoire et en violation flagrante des principes de l’État de droit

Même dans l’hypothèse non démontrée où de tels soupçons existeraient, le Togo disposait de solutions légales et responsables, notamment l’expulsion de M. Damiba vers un pays tiers sûr.

Le choix délibéré de livrer M. Damiba à ses adversaires politiques révèle une volonté assumée de complaire à des régimes militaires, au détriment des principes juridiques et moraux les plus élémentaires.

L’ANC estime que cet acte s’inscrit dans une stratégie hasardeuse et dangereuse de rapprochement avec l’Alliance des États du Sahel (AES), dans une logique de marchandage diplomatique, alors même que le Togo demeure membre de la CEDEAO et ne fait pas partie de l’espace sahélien.

Voilà comment, poussé par un opportunisme géopolitique sans vision ni boussole éthique, le régime togolais sacrifie sur l’autel de la duplicité, la souveraineté juridique du pays, son honneur international et sa dignité ainsi que la sécurité des personnes qu’il accueille.

En posant cet acte, les autorités togolaises envoient un message glaçant plus aucun réfugié politique n’est en sécurité au Togo.

L’Alliance Nationale pour le Changement:

condamne avec la plus extréme fermeté la remise de M. Henri Sandaogo Damiba aux autorités burkinabè:

tient personnellement responsables les plus hautes autorités de l’État togolais des conséquences humaines, politiques et juridiques de cet acte;

appelle les juridictions et mécanismes internationaux compétents, ainsi que les organisations de défense des droits humains, à se saisir sans délai de ce dossier;

alerte l’opinion nationale et intemationale sur les dérives intentionnellement opportunistes du régime togolais dont la duplicité et le double langage mettent en danger la stabilité régionale.

L’ANC réaffirme que la stabilité régionale ne se construit ni par la peur, ni par la trahison des réfugiés, ni par l’alignement complaisant et opportuniste sur des juntes militaires, mais par le respect du droit, des libertés et de la dignité humaine.

Le Togo mérite mieux que cette diplomatie de renoncement et de compromission.

Fait à Lomé, le 02 Février 2026

Pour le Bureau National

Jean Pierre Fabre

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