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Collecter, tirer, recycler et transformer: ZDP-Togo officiellement lancée pour lutter contre les déchets plastiques

À Lomé, les rues, les caniveaux et le littoral portent depuis des années les stigmates d’une pollution devenue banale : sachets plastiques échoués dans les cours d’eau, emballages accumulés dans les marchés, microplastiques qui finissent, invisibles, dans la chaîne alimentaire. C’est ce constat, largement partagé mais rarement traduit en mobilisation structurée, qu’une nouvelle organisation entend désormais combattre.

Ce jeudi 27 août, l’association « Zéro Déchet Plastique-Togo » (ZDP-Togo) a officiellement lancé ses activités, sous la devise « Tout se transforme ! ». C’était en présence de plusieurs élus locaux, de représentants d’organismes publics (EPAM, ANASAP et ANADEB), et de chefs de quartier, notamment le représentant de TOGBUI ADJALLE-DADZIE VI, chef du canton d’Amoutive et également chef supérieur de la ville de Lomé

La santé, premier front de bataille

C’est par l’alerte sanitaire que le Président de ZDP-Togo, Gérard DJOSSOU, conseiller municipal à la Commune du Golfe 4, a choisi d’ouvrir son propos. Selon lui, la menace posée par le plastique dépasse largement la question du cadre de vie : « La menace de notre biodiversité, de notre écosystème mais également la qualité de notre cadre de vie, notre santé à long terme est une réalité », a-t-il affirmé devant l’assistance.

Le danger, a-t-il expliqué, se joue en grande partie à une échelle invisible : « Les microplastiques qui sont parfois invisibles à l’œil nu peuvent être ingérés par des poissons ou espèces marines et entrer dans la chaîne alimentaire pour nous empoisonner. » Une contamination silencieuse qui, à terme, expose les populations à des pathologies chroniques, dont certains cancers.

Gérard Djossou, président de ZDP-Togo

Face à ce risque, Gérard Djossou, un expert en la matière, a lancé un appel direct aux pouvoirs publics : « Nous attirons l’attention de nos pouvoirs publics vers une prise de conscience, car notre santé est gravement menacée. » Il a invité chacun à « réduire [sa] consommation de plastique, éviter de les jeter dans la nature, les réutiliser lorsque cela est possible et participer à sa valorisation. »

Un cadre légal qui attend son application

Le président a ensuite abordé le volet juridique. Le Togo dispose déjà d’un arsenal réglementaire, qu’il a détaillé point par point : « la loi cadre sur l’environnement du 30 mai 2008 […] constitue le socle général de la politique de protection de l’environnement au Togo », une loi « qui a évolué en mars 2026 avec une élévation et consolidation de l’interdiction des plastiques non biodégradables », sans oublier « le décret d’application du 05 janvier 2011 ainsi que des arrêtés qui se sont succédés ». Pour ZDP-Togo, l’urgence n’est donc pas d’écrire de nouvelles lois, mais de « demander à nos gouvernants de faire appliquer » celles qui existent déjà.

Inondations : un enjeu social direct

Les déchets plastiques qui s’accumulent dans les caniveaux et cours d’eau aggravent chaque saison les risques d’inondation à Lomé. C’est tout l’enjeu de la collecte que l’association ambitionne d’organiser, en s’appuyant notamment sur les comités de développement de quartier (CDQ), dont sont issus les membres de son bureau exécutif, un ancrage de proximité revendiqué par l’organisation.

Recycler pour créer de l’emploi

Dernier axe : l’économie circulaire. « Notre association s’offre le devoir de promouvoir le tri, la collecte, le recyclage des déchets plastiques et mobiliser les communautés en faveur d’un environnement plus propre et plus sain », a résumé le président. Il a invité à « ne plus les utiliser et les jeter dans la nature mais plutôt leur donner une nouvelle vie après utilisation en les transformant en d’autres produits durables ». Une chaîne de valorisation qui, selon lui, « crée bien évidemment des emplois ».

Une mobilisation collective revendiquée

Pour ZDP-Togo, aucun acteur ne peut porter seul ce combat : « La réussite de notre action dépendra de la mobilisation de nous tous : nos institutions ou pouvoirs publics, les collectivités […], les Parlementaires […], les entreprises, les établissements scolaires […], les syndicats, les leaders religieux, l’ordre des médecins, les organisations de la société civile, partenaires techniques et financiers, les médias et nous, les citoyennes et citoyens », a insisté Gérard Djossou, concluant son allocution sur une citation empruntée à Lavoisier : « Rien ne se crée, rien ne se perd, mais tout se transforme. »

 

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