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Énergie : pourquoi le nucléaire pourrait changer l’avenir énergétique de l’Afrique et du Togo

A l’heure où l’énergie nucléaire s’impose de nouveau au cœur des stratégies énergétiques mondiales, le Togo entend se positionner comme un carrefour de la réflexion sur la place et les opportunités de l’Afrique dans cette nouvelle dynamique nucléaire. Invité d’honneur de la 51ᵉ édition du Symposium mondial du nucléaire, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a livré un plaidoyer en faveur d’une approche africaine du nucléaire fondée moins sur les annonces que sur la préparation, les partenariats et la mobilisation des financements.

Du nucléaire mondial à l’ambition africaine

Le thème de cette édition, « De l’ambition à l’action », a naturellement servi de fil conducteur à son intervention. Pour le dirigeant togolais, cette formule traduit une réalité désormais incontournable : l’énergie nucléaire bénéficie d’un regain d’intérêt à l’échelle mondiale et apparaît, pour de nombreux pays notamment africains, comme un instrument susceptible de renforcer la sécurité énergétique, d’accompagner la transition climatique et de soutenir le développement économique.

Cependant, souligne-t-il, « l’ambition, à elle seule, ne suffit pas. Le monde doit construire, financer, réglementer et concrétiser ». Il est donc clair que l’heure n’est plus seulement à l’affirmation d’objectifs, mais aussi et surtout à leur traduction opérationnelle.

L’Afrique face à ses besoins énergétiques

Le regain d’intérêt pour le nucléaire ne produira des résultats durables qu’à condition d’être accompagné d’un environnement institutionnel, réglementaire, financier et humain suffisamment robuste. Cette dynamique repose notamment, sur la reconnaissance du rôle que cette source d’énergie peut jouer dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et dans la sécurisation des approvisionnements énergétiques. Cet objectif ne pourra toutefois être atteint sans la participation active des États africains.

« Pour l’Afrique, cette transition est particulièrement importante. Le continent a d’immenses besoins de développement et d’industrialisation, d’amélioration des systèmes de santé, ainsi que le développement du numérique et, plus largement, de ses infrastructures. »

Pour le Président du Conseil, tous ces progrès nécessiteront une énergie fiable et disponible en quantité croissante.  Les technologies nucléaires, notamment les petits réacteurs modulaires et les microréacteurs, peuvent offrir des solutions énergétiques adaptées au contexte africain. A ce titre, « l’Afrique ne demande pas simplement une technologie. Elle demande un véritable partenariat. L’Afrique offre un marché et une vision de son propre avenir énergétique », a-t-il indiqué.

Le Togo mise sur sa politique nationale

Le Président du Conseil a illustré cette approche par la trajectoire du Togo. Membre de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) depuis 2012, le pays a progressivement engagé la construction de son environnement institutionnel et réglementaire.

« Le Togo est membre de l’AIEA depuis 2012 et nous avons progressivement renforcé notre cadre national pour l’utilisation sûre et pacifique des technologies nucléaires. En janvier 2025, nous avons créé notre Commissariat à l’énergie atomique. Plus récemment, nous avons signé un nouveau cadre de coopération avec l’AIEA. Dans le même temps, nous évaluons les technologies susceptibles de répondre à nos besoins futurs, ainsi que les partenariats et mécanismes de financement nécessaires. »

Le Président du Conseil a également rappelé les engagements pris dans le cadre de la deuxième édition du Nuclear Energy Innovation Summit for Africa (NEISA), tenue à Kigali, au Rwanda.

« Je voudrais rappeler ce que nous avons partagé lors de NEISA 2026 à Kigali. Le Togo, mon pays, a choisi d’engager sa préparation à l’utilisation de la science et de la technologie nucléaires dans le cadre de son développement et de sa sécurité énergétique. Nous comprenons qu’un développement nucléaire responsable commence bien avant la construction du premier réacteur. »

Le financement, principal défi du nucléaire africain

Pour concrétiser les ambitions africaines, le Président du Conseil a présenté les obstacles au financement des projets de développement nucléaire. En effet, ces projets nucléaires requièrent des investissements importants et s’inscrivent dans des cycles particulièrement longs. Ils nécessitent donc des structures financières capables d’accompagner des projets dont les horizons se mesurent en décennies.

« Le financement reste l’un des défis les plus importants du déploiement nucléaire en Afrique. Les projets nucléaires exigent des investissements considérables sur le long terme et des structures de financement capables de gérer les risques sur plusieurs décennies. »

A Londres, le Président du Conseil a estimé que l’évolution de l’environnement financier international pouvait ouvrir de nouvelles perspectives. Encore faut-il, selon lui, transformer les réflexions et les recommandations en mécanismes opérationnels permettant effectivement aux pays africains d’accéder aux financements nécessaires.

NEISA, un cadre pour passer de la réflexion à l’action

La problématique du financement des projets nucléaires portée par le Symposium est en phase avec les travaux du Nuclear Energy Innovation Summit for Africa (NEISA), dont la deuxième édition s’est tenue cette année à Kigali, au Rwanda. C’est également dans cette logique qu’il faut comprendre l’importance que le Togo accorde au NEISA.

Le forum a permis, selon le Président du Conseil, de franchir un nouveau cap dans le débat nucléaire africain, en faisant évoluer les discussions vers des questions plus concrètes. Il s’agit particulièrement de la préparation institutionnelle, du financement, de la formation, du développement des capacités industrielles ainsi que de la réglementation et des conditions de déploiement.

Lomé accueillera NEISA 2027

C’est dans cette dynamique que le Président Faure Essozimna Gnassingbé a annoncé que Lomé accueillera la troisième édition du Nuclear Energy Innovation Summit for Africa (NEISA), du 1er au 3 juin 2027. Le choix de Lomé ne constitue pas un simple changement de cadre. Il traduit la continuité d’une dynamique continentale et l’élargissement du partenariat autour de l’avenir nucléaire de l’Afrique.

« Nous considérons ce passage de Kigali à Lomé comme bien plus qu’un simple changement de ville ou de lieu : il représente la continuité, le partenariat et l’élargissement de la dynamique nucléaire africaine. Nous avons l’occasion de faire en sorte que le prochain chapitre de la renaissance nucléaire mondiale soit aussi celui de l’industrialisation, de l’innovation et du développement de l’Afrique. »

Le Togo rejoint l’engagement mondial pour le nucléaire

L’intervention du Président Faure Essozimna Gnassingbé à Londres a également été marquée par une annonce à portée internationale : l’adhésion du Togo à la Déclaration visant à tripler la capacité nucléaire mondiale d’ici 2050, lancée à l’occasion de la COP28.

Par cette décision, le pays entend prendre sa part aux efforts internationaux visant à renforcer la contribution de l’énergie nucléaire à la sécurité énergétique et à la lutte contre le changement climatique, tout en réaffirmant son attachement aux principes de sûreté, de sécurité et d’utilisation exclusivement pacifique des technologies nucléaires.

Une ambition africaine à concrétiser

A travers sa participation au Symposium, le Président du Conseil a ainsi défendu une vision dans laquelle le nucléaire ne constitue pas une fin en soi, mais un possible instrument au service du développement. L’enjeu est désormais de faire en sorte que la nouvelle dynamique mondiale en faveur de l’énergie nucléaire puisse également bénéficier au continent africain, en contribuant à son industrialisation, à l’innovation, au développement des infrastructures et au renforcement de ses capacités humaines et technologiques.

La perspective de NEISA 2027 à Lomé s’inscrit pleinement dans cette ambition. En accueillant ce rendez-vous continental du 1er au 3 juin 2027, le Togo entend contribuer à faire du dialogue nucléaire africain un espace davantage tourné vers l’action, l’investissement et la construction de partenariats durables.

Hier déjà, les travaux de cette rencontre internationale consacrée au nucléaire ont été marqués par des expositions mettant en valeur les produits, services et initiatives des différents acteurs du secteur.

Des rencontres B2B ont également été rythmées les activités, offrant aux participants un cadre privilégié pour échanger, développer des partenariats et explorer de nouvelles opportunités de collaboration.

Source: Présidence du Conseil du Togo

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