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Togo- Pollution plastique : ZDP-Togo entre en action sur le littoral de Lomé

Sur le sable de la plage du Golfe 4, ce samedi 5 septembre, une trentaine de bénévoles, sacs et poubelles à la main, traquent le moindre sachet plastique qui traîne. À peine créée, le 27 août dernier, l’association Zéro Déchet Plastique-Togo (ZDP-Togo) a choisi la journée nationale « Togo Propre » pour son baptême du feu : une collecte de déchets plastiques organisée sous forme d’écojogging, mêlant course à pied et ramassage.

L’opération a réuni des habitants des quartiers riverains, Kodjoviakopé, Adawlato, Agbadahonou, Assivito, ainsi qu’un représentant de la mairie d’Amoutivé. Fait notable, le ministre délégué chargé de l’Assainissement, Sena Alipui, a lui-même pris part au ramassage, sac en main, aux côtés des riverains et des membres de l’association, sur cette plage jonchée de sachets et de bouteilles plastiques. Sa présence, saluée par les organisateurs, illustre la volonté affichée par les pouvoirs publics de s’associer à ce type d’initiatives citoyennes.

Pour Gérald Djossou, président de l’association, le choix du littoral ne doit rien au hasard. « Le littoral, nous avons vraiment été inquiets depuis un moment. Il y a eu trop de déchets plastiques, surtout les sachets, les sachets noirs que nos bonnes femmes utilisent pour servir des repas chauds », explique-t-il.

Au-delà de l’image d’une plage envahie de détritus, c’est la chaîne alimentaire tout entière que Gérald Djossou dit vouloir alerter. « Ces poissons sont empoisonnés et reviennent dans la chaîne alimentaire. Alors, lorsque nous consommons ces poissons, il faut savoir que nous sommes empoisonnés », avertit-il, plaidant pour l’arrêt pur et simple de la production de sachets non biodégradables, au profit d’alternatives plus respectueuses de l’environnement.

Mais ZDP-Togo ne se contente pas de nettoyer : l’association veut aussi transformer le regard porté sur ces déchets. Les plastiques collectés ne seront pas jetés, mais orientés vers des acteurs spécialisés dans leur valorisation. « Nous voulons démontrer à l’opinion que ces déchets plastiques peuvent être valorisés », résume Gérald Djossou, fidèle au slogan de son organisation : « Tout se transforme ».

Le grand marché de Lomé, situé dans la commune du Golfe 4, figure parmi les prochaines cibles de sensibilisation, en lien avec l’Entreprise de Propreté et d’Assainissement de la Mairie (EPAM). Un travail de terrain est notamment prévu auprès des commerçantes des quartiers d’Abatoua, Adawlato et Atikpodji. « Il faut parler aux femmes, aux bonnes femmes, d’éviter de jeter les déchets plastiques qui bouchent après les caniveaux, parce que ça cause aussi les inondations », insiste le président de l’association.

La rentrée scolaire sera également mise à profit pour sensibiliser les élèves. En toile de fond, ZDP-Togo appelle les autorités à faire appliquer la loi-cadre sur l’environnement de 2008, censée encadrer la production des sachets plastiques, un appel que la présence du ministre Alipui, sur le terrain, semble en partie entendre. « Nous devons prendre conscience. C’est une prise de conscience générale », conclut Gérald Djossou.

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