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Togo – La HARC convoque les créateurs de contenu, quels enjeux derrière cette réunion ?

Dans un communiqué daté du 14 septembre, le président de la Haute Autorité de Régulation de la Communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC) invite blogueurs, influenceurs, TikTokeurs, YouTubeurs et, plus largement, l’ensemble des acteurs des réseaux sociaux togolais à une séance de travail prévue le mardi 22 septembre, à 9 heures, au siège de l’institution.

Le texte, bref, évoque des échanges consacrés « aux enjeux liés aux réseaux sociaux et aux plateformes numériques », sans détailler davantage l’ordre du jour, et insiste sur la mobilisation attendue de « chacun ». Cette sobriété du communiqué laisse la porte ouverte aux interprétations.

Un secteur en pleine expansion, difficile à encadrer

Le Togo a vu, comme ailleurs sur le continent, l’émergence rapide d’une génération de créateurs de contenu qui commentent l’actualité, relaient l’information ou produisent du divertissement, souvent en marge des médias traditionnels et des cadres réglementaires classiques. La HARC, qui a progressivement élargi ses prérogatives à l’univers numérique ces dernières années, cherche depuis un moment à structurer ce secteur informel, difficile à cartographier et plus encore à contrôler.

Une telle rencontre peut donc s’inscrire dans une logique de dialogue institutionnel : recenser les acteurs, les sensibiliser aux textes en vigueur, ou encore préparer un cadre réglementaire ou un code de conduite applicable aux créateurs de contenu, à l’image de démarches engagées dans d’autres pays de la sous-région.

Un contexte politique et social sous tension

Mais la rencontre intervient dans un climat particulier. Le Togo traverse depuis plusieurs mois une séquence marquée par une contestation sociale et politique soutenue, largement relayée et amplifiée sur les réseaux sociaux, notamment par une jeunesse connectée qui s’est mobilisée à plusieurs reprises en 2025. Dans ce contexte, toute initiative visant à mieux identifier et encadrer les voix qui s’expriment en ligne peut légitimement susciter des interrogations, notamment sur une éventuelle volonté de mieux contrôler ou dissuader certains contenus critiques à l’égard du pouvoir.

Ce que l’on ignore encore

En l’absence de précisions supplémentaires de la part de la HARC sur l’ordre du jour exact de cette séance de travail, il n’est pas possible, à ce stade, de trancher entre une démarche d’accompagnement du secteur et une opération de mise au pas des voix numériques. La tenue de la rencontre, le 22 septembre, et les prises de parole qui en découleront, permettront sans doute d’en savoir davantage sur les intentions réelles de l’institution.

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