Togo – Opposition : la participation aux élections affaiblit la lutte

Nous devons changer la manière dont la lutte est menée. Plutôt que de chercher à gagner les élections pour ensuite changer les choses, il faut d’abord changer de régime avant de s’engager à nouveau dans des élections.

Ce 1er Avril, le gouvernement togolais a publié un décret fixant le début de la révision des listes électorales au 7 avril, pour les élections municipales de cette année.

Des partis de l’opposition togolaise, vont-ils encore participer au folklore électoral qui garantit la victoire du parti au pouvoir, comme à chaque élection depuis 20 ans ?
Aux dernières élections, le pouvoir s’est octroyé 108 députés sur 113, et 34 sénateurs sur 41, auxquels s’ajoutent les 20 sénateurs nommés directement par Faure Gnassingbé.
Par ailleurs, à chaque élection, les forces de l’opposition se déchirent, parfois si profondément au point qu’il devient difficile d’envisager de travailler ensemble.

Depuis 35 ans que l’opposition togolaise participe aux élections législatives, puis municipales, quels en sont les réels bénéfices pour la population ? Sachant que depuis trois décennies, aucune loi proposée par l’opposition n’a jamais été votée à l’Assemblée nationale. Et les maires en place depuis six ans, n’ont eu ni les moyens ni la latitude pour dérouler leurs programmes.

Enfin, comme l’étaient les sénatoriales, les élections municipales de cette année sont utilisées comme un levier pour asseoir à marche forcée la Ve République.

Peut-on raisonnablement contester la nouvelle Constitution issue d’un coup de force et participer à des élections organisées sous l’égide de la Constitution que l’on conteste sans tomber dans une incohérence ?

Dans de telles conditions, la participation aux élections affaiblit la lutte et offre une légitimité de façade au régime.
Concentrons nos énergies sur le seul objectif actuel : mettre un terme à la dictature.

Nathaniel Olympio

One thought on “Togo – Opposition : la participation aux élections affaiblit la lutte

  1. Mon Professeur, soyez réalistes. Ne pas aller aux élections est considéré comme une abstention… Sur quelle plate-forme allons nous nous exprimer, membres élus ? Par les marches et manifestations stériles ? C’est du déjà vu !!!

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