Après le Sénégal le 6 décembre 2025, c’est désormais le Niger qui vient de procéder à une baisse officielle du prix du gaz butane, confirmant une dynamique régionale en faveur du soulagement du pouvoir d’achat des populations. Une décision qui contraste fortement avec la situation au Togo, où les autorités persistent à maintenir des prix élevés, au grand dam des ménages.
Au Niger, pays enclavé aux réalités économiques comparables à celles du Togo, les autorités ont annoncé une réduction significative et uniforme des prix du gaz butane sur toute l’étendue du territoire national :
· Bouteille de 6 kg : 1 800 FCFA
· Bouteille de 12 kg : 3 750 FCFA
Cette annonce a été faite lors d’un point de presse tenu le samedi 3 janvier 2026, par le Ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, en présence des responsables des centres emplisseurs et des revendeurs de gaz. Une démarche concertée, assumée et clairement orientée vers la protection des consommateurs.
Avant le Niger, le Sénégal et bien d’autres pays avaient déjà montré la voie en ajustant à la baisse les prix du gaz butane, traduisant ainsi une volonté politique affirmée de préserver le bien-être des populations dans un contexte économique difficile.
Pendant que ces pays prennent des mesures concrètes pour soutenir leurs citoyens, le Togo continue d’évoluer dans une gouvernance qui frise le cynisme. Les priorités semblent ailleurs : cérémonies tape-à-l’œil, forums à répétition, colloques internationaux, congrès en série, médiations tous azimuts dans la sous-région. Autant d’activités coûteuses dont l’impact réel sur la vie quotidienne des Togolais reste difficile à démontrer.
Pourtant, les autorités togolaises ne cessent d’encourager l’utilisation du gaz butane comme alternative écologique au bois de chauffe et au charbon afin de lutter contre la déforestation. Une contradiction flagrante lorsque l’on constate que le gaz butane y demeure le plus cher de la sous-région, parfois même plus coûteux que dans certains pays enclavés.
Au Togo, les tarifs officiels du gaz butane sont actuellement fixés comme suit :
· 6 kg : 4 740 FCFA
· 12,5 kg : 9 875 FCFA
· 32 kg : 25 280 FCFA
· 35 kg : 27 650 FCFA
Ces prix rendent ce produit essentiel largement inaccessible à une grande partie de la population, dont les revenus restent modestes. Le gaz butane, pourtant très utilisé dans les ménages et dans de nombreuses activités économiques, devient un luxe. Cette situation pèse lourdement sur les budgets familiaux et freine l’accès à une énergie propre, sécurisée et respectueuse de l’environnement.
Au regard du gaspillage manifeste des ressources nationales dans l’organisation de foras, d’assises, de conférences internationales et de sommets, rien ne justifie objectivement le maintien à la hausse des prix du gaz butane au Togo. Dans un pays où tout coûte cher et où le pouvoir d’achat est déjà fortement érodé, certaines facéties budgétaires heurtent toute conscience normale.
La polémique récente autour du Programme National de Protection Sociale (PNPS) en est une illustration. Destiné à plus de 700 000 ménages vulnérables, ce programme suscite de nombreuses interrogations : flou sur le nombre réel de bénéficiaires, confusion entre personnes et ménages, et incertitudes sur le montant réel des allocations. Les chiffres avancés 25 000 FCFA par ménage, pour un coût total estimé à plus de 3,5 milliards FCFA, soulèvent des doutes sur la cohérence et la transparence du dispositif.
Dans un pays aux infrastructures délabrées, est-il pertinent de contracter des emprunts pour distribuer des aumônes ponctuelles, pendant que le gaz butane, indispensable au quotidien, reste hors de portée pour la majorité des citoyens ?
Les 3,5 milliards FCFA évoqués pourraient servir à financer un projet pérenne, structurant et durable, capable de répondre à une urgence réelle, comme la subvention du gaz butane, le soutien à l’énergie domestique ou la protection effective de l’environnement. D’autant plus que rien ne garantit aujourd’hui la transparence totale dans la gestion de ces fonds.
Il existe pourtant d’autres manières plus efficaces et plus justes de soulager la population. Encore faut-il que la volonté politique suive.
Quand la baisse du gaz butane s’impose ailleurs, le Togo persiste dans une exception coûteuse : 6 kg à 1 800 FCFA au Niger contre 4 740 FCFA au Togo


