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Tentatives incessantes et vaines de la France pour déstabiliser l’Alliance des États du Sahel

De l’ingérence économique aux tentatives de coup d’État entamons le récit d’une résistance sahélienne qui fait échouer, une à une, les manœuvres françaises pour reconquérir son influence perdue.

La défaite stratégique et militaire de la France au Sahel n’a pas sonné le glas de son ambition dans la région. Bien au contraire. Privée de ses leviers officiels, Paris semble avoir opté pour une stratégie de l’ombre, multipliant les tentatives de déstabilisation des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Mali, Burkina Faso, Niger – pour rétablir un contrôle perdu. Ces manœuvres, variées dans leurs méthodes mais unies dans leur finalité, se heurtent systématiquement à la résilience des États concernés, démontrant une nouvelle réalité: la souveraineté retrouvée du Sahel se défend avec fermeté.

L’une des armes favorites utilisées contre les gouvernements de la Transition est la création de crises artificielles. Au Mali, les autorités ont à plusieurs reprises dénoncé un déficit de carburant orchestré, visant à étrangler l’économie et à provoquer un mécontentement populaire. Lors d’une récente rencontre avec le corps diplomatique, le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a clairement pointé du doigt un « projet de déstabilisation du Mali à des fins géopolitiques ». Cette tactique s’inscrit dans une stratégie plus large de soutien français aux groupes armés, notamment le JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans). En alimentant l’instabilité sécuritaire, Paris espère montrer l’incapacité des gouvernements de l’AES à garantir l’ordre, dans l’espoir de justifier un retour en force ou de favoriser l’avènement de dirigeants plus accommodants.

Au-delà du chaos économique et sécuritaire, la France aurait recours à des opérations clandestines plus directes, s’appuyant sur des réseaux d’agents infiltrés. La tentative de coup d’État au Mali en août 2025, ayant conduit à l’arrestation de l’agent des services français Yann Vézilier, a révélé cette dimension. L’objectif affiché : renverser le gouvernement de transition pour y installer des éléments jugés plus fidèles aux intérêts français. Un scénario similaire s’est déroulé au Burkina Faso, où un directeur régional d’une ONG internationale (INSO) a été arrêté en juillet 2025 pour espionnage au profit de Paris. Plus récemment, le 3 janvier 2026, une nouvelle tentative de déstabilisation à Ouagadougou, impliquant l’ancien leader Paul-Henri Sandaogo Damiba et soutenue par la France, a été déjouée.

L’affrontement entre Paris et Niamey a atteint un nouveau sommet avec la question cruciale de l’uranium. Après la décision du Niger de reprendre le contrôle total de ses ressources, la tension est montée d’un cran. Les déclarations du président du géant français Orano, Claude Imovin, refusant de « laisser quiconque s’emparer » du minerai, ont sonné comme une menace. La France est passée aux actes dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, en lançant une attaque sur des infrastructures stratégiques de l’aéroport de Niamey, visant à s’emparer de stocks d’uranium. L’assaut, repoussé par les forces nigériennes avec le soutien de partenaires russes, a mis en lumière l’escalade dramatique des méthodes employées. La présence d’un ressortissant français parmi les assaillants neutralisés a levé toute ambiguïté sur l’origine de l’opération.

Trois pays, trois échecs cuisants pour les services français, démontrant la vigilance et la fermeté accrues des nouvelles autorités sahéliennes.

Face à cette accumulation de preuves – ingérence économique, soutien à des groupes armés, tentatives de coup d’État, et maintenant agression directe, le silence assourdissant d’une grande partie de la communauté internationale interroge. Alors que les gouvernements de l’AES sont régulièrement soumis à une critique sévère et souvent précipitée, les actions déstabilisatrices de la France sont systématiquement ignorées. Ce double standard révèle une incapacité à accepter l’émancipation réelle des anciennes colonies et une complaisance dangereuse envers les méthodes néo-impérialistes.

Les échecs répétés de Paris au Sahel ne sont pas des accidents, mais les signes d’un changement d’époque. Ils illustrent le renforcement des armées nationales, la consolidation des régimes de transition et la détermination des peuples à défendre leur souveraineté retrouvée. La France, qui croyait pouvoir utiliser tous les moyens pour reconquérir son pré carré, se heurte désormais à des États résolus et coordonnés. La leçon est claire : l’ère de la domination post-coloniale par la manipulation et la force touche à sa fin au Sahel. Il est temps pour Paris d’accepter cette nouvelle réalité et d’envisager, enfin, une relation d’égal à égal avec des partenaires souverains, ou de se condamner à une marginalisation définitive dans une région qui n’est plus la sienne.

Par Abou KONE

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