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Togo- 51ᵉ répartition du BUTODRA : une attente qui interroge

Depuis plusieurs jours, un malaise persistant traverse le milieu artistique togolais. Les artistes sociétaires du Bureau Togolais du Droit d’Auteur (BUTODRA) dénoncent des retards répétés dans le paiement de leurs droits d’auteur, pourtant légalement dus.

À l’origine de cette nouvelle vague de mécontentement figure la publication de la liste des ayants droit de la 51ᵉ répartition, rendue publique le 24 décembre 2025. Si, dans un premier temps, cette publication laissait espérer un paiement imminent, la procédure a progressivement basculé dans un silence préoccupant. À ce jour, tous les artistes figurant sur cette liste n’ont pas encore perçu leurs droits, malgré la validation officielle des répartitions. Selon des informations recueillies auprès des responsables du BUTODRA, les paiements s’effectueraient « par vagues ».

Une explication qui peine à convaincre.

Aucun calendrier précis ni critère clairement établi n’a été communiqué aux artistes concernés. Il en résulte une situation perçue comme injuste et discriminatoire, où certains bénéficiaires reçoivent leurs droits tandis que d’autres attendent indéfiniment, alors même qu’ils figurent sur une liste officielle publiée depuis plusieurs semaines. Cette pratique, loin d’être exceptionnelle, tend à devenir récurrente.

Depuis l’adoption du virement bancaire comme principal mode de paiement, plusieurs répartitions se sont déroulées dans des conditions similaires : délais prolongés, informations fragmentaires et absence de communication officielle proactive. Pour de nombreux artistes, cette situation fragilise davantage une profession déjà marquée par la précarité. « Les droits d’auteur ne sont pas une faveur, mais une reconnaissance du travail de création », rappelle un artiste sociétaire sous couvert d’anonymat. Pour beaucoup, ces revenus constituent parfois la seule source de subsistance. Les retards répétés affectent non seulement la confiance envers l’institution, mais aussi la capacité des artistes à vivre dignement de leur art.

Face à cette situation, plusieurs interrogations demeurent :

  • Pourquoi certains paiements sont-ils traités en priorité par rapport à d’autres ?
  • Quels mécanismes justifient ces virements dits « par vagues » ?
  • Pourquoi le BUTODRA ne communique-t-il pas de manière claire, transparente et anticipée sur les délais et les procédures de paiement ?

Au-delà des aspects techniques, c’est la relation entre l’institution et ses sociétaires qui est aujourd’hui mise à l’épreuve. Les artistes togolais ne réclament ni privilèges ni traitements de faveur, mais simplement l’équité, la transparence et le respect dans la gestion de leurs droits. Alors que la culture togolaise continue de rayonner grâce à l’engagement et à la créativité de ses artistes, une question demeure : jusqu’à quand leurs voix resteront-elles sans réponse ?

Le paiement régulier, équitable et prévisible des droits d’auteur n’est pas seulement une obligation administrative ; il constitue un indicateur fondamental de la considération accordée aux créateurs.

Richard

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