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De la Tyrannie & des Manœuvres du Prince Africain – Les Motifs qui auraient contraint la CEDEAO à différer son Auguste Assemblée

« Quand les princes se font tyrans, les peuples deviennent esclaves, & les nations chancellent. »
Il est des vérités que les siècles consacrent & que nul despote ne saurait étouffer sous le poids de ses édits. L’une de ces vérités immuables veut que tout pouvoir tiré du peuple & exercé contre lui soit une usurpation manifeste de l’autorité naturelle que Dieu a départie aux nations pour leur conservation & leur félicité. C’est dans cet esprit que nous nous proposons d’examiner, avec la gravité que requiert la matière, les agissements d’un prince africain dont les manœuvres troubles ont jeté l’opprobre sur sa couronne & semé l’inquiétude parmi les chancelleries de l’Afrique subsaharienne.
La Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest, que l’on nomme communément la CEDEAO, institution respectée dont la mission est d’assurer la paix, la prospérité & la concorde entre les nations de cette partie du monde, s’est trouvée dans l’obligation pénible d’ajourner sine die son assemblée prévue à Lomé. Cette décision, point légère ni capricieuse, trouve son fondement dans les préoccupations légitimes que suscitent les actions du sieur Faure Gnassingbé, autocrate qui s’est arrogé la souveraineté du Togo par des moyens que la raison & la justice réprouvent également.

Du Tyran & de sa Nature funeste



« Le tyran est à l’État ce que le loup est au troupeau : il dévore ce qu’il devrait protéger. »
Qu’est-ce donc qu’un tyran, si ce n’est un homme qui, ayant obtenu ou ravi le pouvoir suprême, l’exerce sans frein, sans loi & sans égard pour le bien commun ? Le philosophe l’a dit : « Là où règne l’arbitraire, la liberté n’est qu’un vain nom. » Le tyran ne connait d’autre volonté que la sienne propre ; il fait de ses caprices des lois & de ses passions des édits. Tel est, hélas, le portrait que l’on peut tracer du gouvernement actuel du Togo sous la férule de Monsieur Gnassingbé.
« Point n’est de couronne si éclatante qui puisse masquer les taches de sang innocent dont s’est souillé le despote. »
Ce prince, fils d’un despote qui régna près de quarante années sur cette contrée, n’a point hérité seulement du sceptre paternel, mais aussi de ses méthodes tyranniques. « Tel père, tel fils : la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre. » À la mort de son géniteur en l’an 2005, le jeune Faure s’empara du pouvoir par un coup de main audacieux, soutenu par l’armée & contre toutes les formes de la légalité constitutionnelle. Depuis lors, il s’est maintenu au faîte de l’État par des élections que les observateurs les plus indulgents qualifient de contestables & que les plus sincères dénoncent comme frauduleuses.
« Le pouvoir absolu corrompt absolument, & celui qui se croit au-dessus des lois finit par se croire au-dessus des hommes. »
Le peuple togolais, ce peuple patient & endurant, a subi maintes tribulations sous ce règne oppressif. Les libertés fondamentales, ces droits sacrés que la nature accorde à tout être humain, ont été foulées aux pieds. La liberté d’expression n’est qu’une chimère dans ce royaume où les contradicteurs sont réduits au silence par l’intimidation, l’emprisonnement ou l’exil. Les manifestations pacifiques sont réprimées avec une brutalité qui ferait rougir les despotes de l’ancien temps. Les journalistes qui osent rapporter la vérité sont harcelés, leurs gazettes fermées, leurs personnes menacées.
« Qui sème la terreur récolte la haine, & qui opprime son peuple prépare sa propre chute. »

De l’Usurpation constitutionnelle & du Couronnement d’un Roi


« Changer la loi pour servir ses intérêts, c’est transformer la justice en instrument de tyrannie. »
L’histoire nous enseigne que les tyrans, pour pérenniser leur domination illégitime, ne reculent devant aucun stratagème. Parmi ces artifices, la manipulation des lois fondamentales de l’État occupe une place de choix. C’est précisément à cette pratique odieuse que s’est livré Monsieur Gnassingbé lorsqu’il entreprit, en l’année 2024, de modifier radicalement la Constitution de son pays.
Cette réforme constitutionnelle, imposée au peuple togolais sans consultation véritable & dans un contexte de pression intolérable, a transformé la nature même du régime politique. Sous prétexte de moderniser les institutions, le tyran a en vérité supprimé l’élection directe du président au suffrage universel, réduisant ainsi le peuple à un rôle de simple spectateur de sa propre destinée. Le pouvoir exécutif fut transféré à un poste de « Président du Conseil des Ministres », fonction taillée sur mesure pour lui-même, lui octroyant une autorité quasi illimitée pour une durée qui pourrait s’étendre indéfiniment.
« Celui qui change les règles du jeu pour s’assurer de la victoire n’est point un joueur habile, mais un tricheur manifeste. »
Par cette manœuvre habile autant que pernicieuse, Faure Gnassingbé s’est effectivement couronné roi du Togo, établissant une monarchie de fait sinon de nom. Il a aboli les limites de mandats présidentiels qui eussent dû mettre un terme à son règne, s’arrogeant ainsi le droit de gouverner à perpétuité. N’est-ce point-là le propre des rois absolutistes de jadis, ces monarques qui prétendaient tenir leur pouvoir de Dieu seul & ne devoir rendre compte à personne de l’exercice de leur autorité ?
« Quand un homme se place au-dessus de la loi, il n’est plus un président mais un monarque ; quand il refuse de céder le pouvoir, il devient un tyran. »
Cette entreprise de confiscation du pouvoir n’a point échappé à l’observation vigilante de la communauté internationale. Les organisations de défense des droits de l’homme, les chancelleries étrangères & les institutions régionales ont exprimé leur réprobation face à cette violation flagrante des principes démocratiques. Mais le tyran, sourd à ces remontrances, a poursuivi son chemin, convaincu que la force des armes & la complaisance de quelques États amis suffiraient à légitimer son usurpation.


Des Intrigues géopolitiques & de l’Inquiétude de la CEDEAO


« Les troubles d’un royaume rejaillissent sur ses voisins, car en Afrique comme ailleurs, nul État n’est une île. »
L’homme d’État prudent sait que les actions d’un prince ne s’arrêtent point aux frontières de son royaume. Les manœuvres de Monsieur Gnassingbé ont des répercussions qui s’étendent bien au-delà du territoire togolais & troublent l’équilibre fragile de toute l’Afrique de l’Ouest. C’est cette dimension régionale & internationale de ses agissements qui a particulièrement alarmé la CEDEAO & justifie l’annulation de la rencontre prévue à Lomé.
Les jeux troubles du maître de Lomé dans la géopolitique subsaharienne sont multiples & préoccupants. Premièrement, son exemple pernicieux risque de faire école parmi d’autres dirigeants africains tentés de prolonger leur règne par des moyens similaires. « Un mauvais exemple est comme une pierre jetée dans l’eau : ses ondes se propagent jusqu’aux rivages les plus éloignés. » Déjà, l’on observe dans plusieurs pays de la région des tentatives analogues de manipulation constitutionnelle, & il serait naïf de croire que ces entreprises ne doivent rien à la réussite apparente du tyran togolais.
Deuxièmement, le Togo sous Gnassingbé est devenu un havre pour des forces obscures qui minent la stabilité régionale. Des informations crédibles suggèrent que son régime entretient des relations ambiguës avec certains groupes armés & mercenaires qui sèment le trouble dans les pays voisins. « Qui couche avec les chiens se lève avec des puces. » Ces alliances ténébreuses font du Togo un facteur d’instabilité & de méfiance au sein de la communauté ouest-africaine.
Troisièmement, la politique étrangère erratique du gouvernement togolais, oscillant entre diverses puissances extérieures selon les intérêts du moment, compromet l’unité & la cohérence de l’action collective de la CEDEAO. « Un État qui joue sur tous les tableaux finit par ne plus avoir l’estime d’aucun. » Tantôt cherchant l’appui de la France, tantôt se tournant vers la Russie ou la Chine, le régime de Lomé poursuit une diplomatie opportuniste qui affaiblit les efforts concertés de la région pour affirmer son autonomie & sa dignité sur la scène mondiale.
« La confiance est le ciment des alliances ; la trahison en est le dissolvant. »

Des Raisons de l’Annulation de l’Assemblée de Lomé

« Accorder l’honneur d’accueillir une assemblée, c’est reconnaitre la dignité du maître de maison. »
C’est dans ce contexte préoccupant que la CEDEAO s’est trouvée confrontée à un dilemme moral & politique de première importance. Devait-elle tenir son assemblée à Lomé comme prévu, au risque de légitimer par sa présence le régime tyrannique de Faure Gnassingbé ? Ou devait-elle, au contraire, marquer sa désapprobation en refusant d’honorer de sa présence une capitale où la démocratie est bafouée quotidiennement ?
La sagesse & le courage l’ont emporté : la CEDEAO a choisi la seconde voie. Les motifs qui ont présidé à cette décision sont multiples & tous également fondés en raison.
Premièrement, tenir une assemblée régionale consacrée à la promotion de la démocratie & de la bonne gouvernance dans la capitale d’un État où ces principes sont systématiquement violés eût constitué une contradiction insupportable. « On ne peut prêcher la vertu dans le palais du vice sans se couvrir de ridicule. » La CEDEAO, institution qui s’est donnée pour mission de défendre les valeurs démocratiques, ne pouvait sans se renier elle-même cautionner par sa présence les agissements d’un autocrate.
Deuxièmement, la sécurité même des délégués & des chefs d’État participants était sujette à caution. Dans un pays où règne l’arbitraire & où le gouvernement n’hésite point à employer la violence contre ses propres citoyens, comment garantir la liberté de parole & la sûreté des personnes lors d’une assemblée où seraient nécessairement évoquées les questions délicates de gouvernance ? « Mieux vaut reporter une rencontre que de la tenir dans des conditions qui en compromettraient la franchise & la dignité. »
Troisièmement, maintenir la réunion à Lomé eût envoyé un signal désastreux aux peuples de l’Afrique de l’Ouest qui luttent pour la démocratie & la justice. Ces populations, qui regardent vers la CEDEAO comme un rempart contre la tyrannie, auraient perçu cette décision comme un abandon, voire une trahison. « Le silence face au mal est la complaisance du bien. » En annulant sa réunion, la CEDEAO a au contraire adressé un message clair : elle ne transigera point avec les principes qui fondent son existence.
« Il est des occasions où ne pas agir serait la pire des actions. »

Des Conséquences & de l’Avenir

« Les actes d’aujourd’hui sont les semences de demain : prenons garde à ce que nous semons. »
L’annulation de l’assemblée de Lomé n’est point une fin en soi, mais le commencement d’une action plus résolue de la CEDEAO face à la dérive autoritaire du régime togolais. Cette décision courageuse doit être suivie de mesures concrètes visant à restaurer la démocratie & l’État de droit au Togo.
La communauté régionale dispose de plusieurs instruments pour exercer une pression salutaire sur le tyran de Lomé. Des sanctions économiques ciblées, visant les dirigeants du régime & non le peuple innocent, pourraient être envisagées. La suspension du Togo des instances de la CEDEAO jusqu’au rétablissement d’un ordre constitutionnel légitime serait également une mesure appropriée. « Qui refuse de respecter les règles du club ne saurait en demeurer membre. »
Au-delà de ces mesures coercitives, la CEDEAO doit apporter son soutien aux forces démocratiques togolaises, à la société civile, aux partis d’opposition & à tous ceux qui, au péril de leur liberté & parfois de leur vie, résistent à l’oppression. « Soutenir les justes dans leur combat, c’est combattre soi-même pour la justice. » Ce soutien peut prendre diverses formes : assistance technique, médiation politique, protection des défenseurs des droits humains, & surveillance continue de la situation dans le pays.

Il importe également que la CEDEAO travaille à prévenir la contagion de l’exemple togolais dans d’autres pays de la région. Des mécanismes de surveillance renforcés des processus électoraux & constitutionnels doivent être mis en place. Un dialogue permanent avec les gouvernements membres sur l’importance du respect des limites de mandats & des processus démocratiques doit être instauré. « Prévenir le mal est plus aisé que de le guérir une fois qu’il s’est installé. »
L’avenir du Togo & de la région dépend de la fermeté avec laquelle la communauté internationale, & en premier lieu la CEDEAO, défendra les principes de la démocratie & de l’État de droit. Le tyran doit comprendre que son règne despotique ne sera point toléré indéfiniment, & que le temps travaille contre lui. « Les tyrannies passent, mais les peuples demeurent. »


Et En Fin :

« La liberté est un bien si précieux qu’il faut la défendre même aux dépens de la tranquillité. »
Au terme de cette dissertation, il apparait avec clarté que l’annulation de l’assemblée de la CEDEAO à Lomé est une décision non seulement justifiée, mais nécessaire & louable. Face à un tyran qui a usurpé le pouvoir, violé la Constitution, opprimé son peuple & semé le trouble dans la géopolitique régionale, le silence ou la complaisance eussent été inexcusables.
L’histoire jugera sévèrement ceux qui, par lâcheté ou par intérêt, auront fermé les yeux sur les exactions du régime Gnassingbé. Mais elle saura gré à la CEDEAO d’avoir eu le courage de ses principes & d’avoir refusé de prêter sa caution à une tyrannie manifeste.
« Mieux vaut être seul dans la vérité que nombreux dans l’erreur. »
Que cet événement serve de leçon aux despotes actuels & futurs : les peuples d’Afrique ne sont plus disposés à supporter passivement le joug de l’oppression. Les institutions régionales, malgré leurs imperfections, apprennent à défendre les valeurs qui fondent une société juste & libre. Le temps des tyrannies impunies touche à sa fin car, le souverain qui fait de son trône un échafaud transforme son royaume en sépulcre, et son sceptre en instrument de sa propre damnation.
« Le jour viendra où le peuple togolais recouvrera sa liberté, & ce jour-là, ceux qui auront combattu pour elle seront honorés, tandis que les tyrans & leurs complices seront relégués dans l’opprobre que l’histoire réserve à ceux qui ont trahi leur mission. »
Puisse cette dissertation contribuer, si modestement que ce soit, à éclairer les consciences & à fortifier la résolution de tous ceux qui, en Afrique & ailleurs, luttent pour que triomphent la justice, la liberté & la dignité humaine.
« Fiat justitia, ruat cœlum » – Que justice soit faite, dût le ciel s’écrouler.

Fait à Salt Lake City, ce février 14 de l’an de grâce 2026
Par : Ben Djagba

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