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De l’Espérance Déçue en la Gouvernance de la Terre de Nos Aïeux Qui Devrait Nous Unir

Touchant les espérances déchues & le destin malencontreux du Togo

Messire Faure,
C’est avec un cœur lourd & une âme tourmentée que je prends la plume pour vous adresser cette épître, en laquelle se trouvent consignées les doléances d’un peuple qui, jadis, plaçait en votre personne les plus hautes espérances. Qui sème le vent récolte la tempête, dit l’adage, & voilà que les tempêtes que vous avez semées ont fondu sur notre pauvre nation avec la fureur des éléments déchaînés.

Quand votre auguste père, le feu Prince Gnassingbé Eyadéma, rendit l’âme en l’an de grâce deux mil cinq, le Togo tout entier se trouva plongé dans l’incertitude & l’effroi. Point ne savions-nous alors ce que nous réservait le destin. Mais vous, Messire, vous paraissiez tel un phare dans la nuit, promettant monts & merveilles, jurant sur tous les saints que vous redresseriez les torts de votre géniteur & mèneriez notre nation vers des cieux plus cléments.

Les promesses, hélas, sont comme les croutes de pâtés : faites pour être rompues. & c’est bien là ce que vous avez fait, Seigneur Faure. Toutes vos belles paroles, toutes vos protestations de bonne foi, toutes vos assurances solennelles se sont évanouies comme rosée au soleil du matin. Le peuple togolais, qui avait placé sa confiance en vous comme le navigateur place sa confiance dans l’étoile polaire, se retrouve présentement égaré dans les ténèbres, sans boussole ni fanal pour le guider.

Combien d’années avons-nous supporté votre joug ? Vingt hivers se sont écoulés depuis que vous avez ceint la couronne du pouvoir, & durant ces deux décennies, point n’avons-nous vu la prospérité promise, point n’avons-nous goûté à la justice annonce, point n’avons-nous connu la liberté dont vous vous vantiez d’être le héraut. L’habit ne fait pas le moine, & vos beaux discours n’ont point transformé la réalité de notre misère quotidienne.
Des richesses de notre terre, que sont-elles devenues ? Le phosphate, l’or noir que recèle notre sol, s’en va enrichir des coffres étrangers tandis que le peuple togolais croupit dans l’indigence la plus noire. Les greniers de l’État sont vides, mais les cassettes de vos affidés débordent de pièces d’or. Bien mal acquis ne profite jamais, nous enseignent les Saintes Écritures & la sagesse des anciens, mais vous & votre cour de flatteurs semblez avoir oublié ces préceptes fondamentaux.
La jeunesse togolaise, qui devrait être la flèche dans le carquois de notre nation, se trouve réduite à l’oisiveté & au désespoir. Point d’emploi pour les jeunes gens, point d’écoles dignes de ce nom pour former les esprits, point d’avenir radieux à contempler. Nos fils & nos filles sont contraints de s’exiler vers des terres lointaines, cherchant ailleurs l’opportunité que leur patrie leur refuse. Ventre affamé n’a point d’oreilles, & vous ne pouvez blâmer la jeunesse de fuir un pays qui ne leur offre que désillusion & famine.
La justice, cette vertu cardinale sans laquelle nulle société ne saurait prospérer, est devenue une chimère dans votre Togo. Les tribunaux rendent leurs arrêts non selon le droit & l’équité, mais selon les caprices du pouvoir & le poids des bourses. La justice boiteuse arrive toujours, certes, mais en votre royaume, elle semble avoir perdu ses deux jambes & rampe lamentablement dans la poussière de la corruption.

Vos opposants politiques, qui ne font qu’exercer leur droit naturel de critique & de contestation, sont jetés dans des cachots infects, battus comme plâtre, torturés avec une cruauté qui ferait rougir de honte les tyrans de l’Antiquité. Les voix dissidentes sont étouffées, les gazettes indépendantes sont bâillonnées, & toute velléité de liberté d’expression est écrasée sous le talon de fer de votre régime. Qui sème la terreur récolte la haine, & vous avez semé la terreur avec une libéralité qui ne le cède en rien à celle d’un semeur de blé en temps de moisson.
Les élections, qui devraient être l’expression sacrée de la volonté populaire, ne sont plus que mascarades & tromperies. Les urnes sont farciés [SIC] comme des chapons de Noël, les bulletins sont comptés & recomptés jusqu’à ce que les chiffres vous conviennent, & le peuple assiste, impuissant & désabuse, à cette comédie grotesque que vous osez appeler démocratie. On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, dites-vous peut-être pour justifier vos exactions, mais ce ne sont point des œufs que vous brisez, ce sont les espoirs & les rêves de tout un peuple.
La Constitution, ce texte fondateur que vous avez juré de respecter & de faire respecter, vous la manipulez comme un marionnettiste manipule ses pantins. Quand elle vous gêne, vous la modifiez ; quand elle vous limite, vous l’ignorez ; quand elle vous contrarie, vous la violez sans vergogne. Tel est pris qui croyait prendre, & vous qui pensiez pouvoir jouer ainsi avec les lois fondamentales sans en subir les conséquences, vous découvrez présentement que le peuple n’est point aussi dupe que vous le croyiez.

Les infrastructures de notre pays tombent en ruines. Les routes sont impraticables, les ponts s’effondrent, les hôpitaux manquent de tout, & les écoles ressemblent davantage à des écuries qu’à des lieux d’enseignement. Pendant ce temps, vous & vos proches vous pavanez dans des carrosses somptueux, habitez des palais dignes des princes de Perse, & festoyez comme Lucullus tandis que le peuple se nourrit de racines & d’herbes amères. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut point ouïr, & vous êtes devenu sourd aux cris de détresse de vos sujets.

La corruption, ce fléau qui ronge les fondements de toute nation, prolifère dans votre administration tel le chiendent dans un champ abandonné. Pour obtenir le moindre service public, il faut graisser la patte des fonctionnaires. Pour avoir justice, il faut acheter le juge. Pour obtenir un permis, il faut verser des pots-de-vin. Poisson pourrit par la tête, & la puanteur de la corruption qui émane de votre gouvernement est devenue insupportable aux narines de tout honnête homme.
Vous vous êtes entouré de courtisans serviles & de parasites avides qui vous flattent honteusement, louant vos moindres actions & encensant vos plus petites décisions comme si elles étaient des miracles de sagesse. Ces gens-là ne vous disent point la vérité ; ils vous bercent d’illusions & vous maintiennent dans une bulle de complaisance qui vous isole complètement des réalités de votre peuple. Qui se ressemble s’assemble, & vous avez attiré autour de vous tous les vautours & toutes les sangsues du royaume.
Vos relations avec les puissances étrangères sont également sujettes à caution. Vous vous prostituez à qui mieux mieux, vendant les intérêts du Togo au plus offrant, sacrifiant la dignité nationale sur l’autel de votre enrichissement personnel. On ne peut servir deux maitres à la fois, nous enseignent les évangiles, mais vous tentez l’impossible, servant à la fois vos intérêts privés & ceux de puissances étrangères, au détriment toujours de votre propre peuple.

Le Togo, sous votre gouverne, est devenu la risée de l’Afrique & du monde entier. Notre nation, qui autrefois jouissait d’une certaine considération, est maintenant citée en exemple de mauvaise gouvernance, de despotisme & de prédation. A l’œuvre on connait l’artisan, & l’œuvre que vous avez accomplie est celle d’un apprenti mal dégourdi, non celle d’un maitre compétent.
Messire Faure, le temps est venu de regarder la vérité en face. Vous avez échoué. Vos promesses étaient vaines, vos projets étaient chimères, & vos réalisations sont dérisoires. Le peuple togolais, qui avait placé tant d’espérances en vous, se retrouve aujourd’hui dans une situation pire qu’avant votre accession au pouvoir. Mieux vaut tard que jamais, dit le proverbe, & il n’est point trop tard pour faire acte de contrition & pour reconnaitre vos erreurs.
C’est pourquoi, Messire, je vous exhorte solennellement à abandonner le pouvoir. Toute bonne chose a une fin, & votre règne a bien assez duré. Il est temps pour vous de céder la place à des hommes & des femmes plus capables, plus honnêtes, plus dévoués au bien commun. Il est temps de permettre au Togo de respirer, de se relever, de guérir de toutes les blessures que vous lui avez infligées.

En quittant le pouvoir de votre plein gré, vous pourriez encore sauver un semblant de dignité. Vous pourriez montrer que vous n’êtes point complètement insensible aux souffrances de votre peuple, que vous conservez encore quelque chose de la noblesse d’âme que l’on attend d’un dirigeant. Il vaut mieux plier que rompre, & en partant maintenant, vous éviteriez d’être chassé ignominieusement par un peuple à bout de patience.

Si vous refusez de partir, sachez que le peuple togolais ne restera point éternellement passif. La goutte d’eau fait déborder le vase, & le vase est déjà bien plein. Quand il débordera, ne vous étonnez point du déluge qui s’ensuivra. L’histoire est remplie d’exemples de tyrans qui ont cru pouvoir régner éternellement & qui ont fini renversés par les peuples qu’ils opprimaient.

Le pouvoir que vous détenez ne vous appartient point. Il appartient au peuple, qui vous l’a confié – ou plutôt, que vous avez usurpé. Chose prêtée doit être rendue, & il est grand temps de rendre au peuple ce qui lui appartient : le droit de choisir ses dirigeants, le droit de vivre dans la dignité, le droit de construire un avenir meilleur pour ses enfants.

Pensez à l’héritage que vous laisseriez. Voulez-vous que l’histoire vous juge comme un tyran cupide & incompétent ? Voulez-vous que vos descendants aient à porter la honte de vos agissements ? Voulez-vous que votre nom devienne synonyme de misère & d’oppression ? Tel arbre, tel fruit, & l’arbre que vous avez planté ne produit que des fruits amers & vénéneux.

Je vous le dis donc clairement & sans ambages : quittez le pouvoir, Messire Faure Gnassingbé. Partez maintenant, pendant qu’il en est encore temps. Laissez le Togo panser ses plaies & se reconstruire sur des fondations plus solides. Après la pluie vient le beau temps, & vous êtes la pluie diluvienne qui s’abat sur notre pays depuis trop longtemps. Il est temps que le soleil brille à nouveau sur le Togo.

En conclusion, Messire, je vous adjure une dernière fois : montrez que vous avez encore quelque honneur, quelque sens des responsabilités, quelque amour pour votre pays. Démettez-vous de vos fonctions. Rendez le pouvoir au peuple. A quelque chose malheur est bon, & peut-être que votre départ permettra au Togo de tirer les leçons de ces vingt années perdues & de bâtir enfin une nation véritablement démocratique, prospère & juste.
Fait & rédigé au nom du peuple togolais, en ce jour de l’an de grâce deux mil vingt-cinq, avec l’espérance que la raison & la conscience vous éclaireront enfin.

Car, comme le dit le dernier adage que je vous laisse méditer : Il n’est si bon cheval qui ne bronche. Vous avez bronché, Messire Faure. Il est temps de descendre de monture.


Par Ben Djagba
Salt Lake City, Utah
12 février 2026

4 thoughts on “De l’Espérance Déçue en la Gouvernance de la Terre de Nos Aïeux Qui Devrait Nous Unir

  1. Filles chaudes vous attendent sur -- Hot21.fun

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