Au Togo, c’est une audience très attendue. Renvoyé en novembre dernier, le procès en appel de Félix Abalo Kadangha, ancien chef d’état-major des armées, devant la justice militaire s’est ouvert, ce lundi 16 février.
Cette affaire est liée à la mort, en 2020, du colonel Toussaint Bitala Madjoulba. Le haut gradé qui dirigeait le premier bataillon d’intervention rapide, a été tué par balle dans son bureau, au camp militaire de Lomé, quelques heures après la cérémonie d’investiture de Faure Gnassingbé.
L’auteur de ce crime reste aujourd’hui inconnu. Dans le cadre de cette procédure, Félix Abalo Kadangha a été condamné à 20 ans de prison pour complot contre la sûreté de l’État, complicité d’assassinat et entrave à la justice.
Leur client a écopé de la plus lourde peine. Les avocats de Félix Abalo Kadangha – qui a été chef d’état-major entre 2013 et 2020 – attendent donc beaucoup de ce recours en appel. En première instance, ils ont dénoncé un procès « entaché de vices de procédure » et un « manque criant de preuves ».
Signe que cette affaire est hors du commun, très peu d’informations ont fuité autour du meurtre du colonel Madjoulba, retrouvé dans une mare de sang au petit matin du 4 mai 2020. Six mois après sa mort, dans une rare communication, le procureur indique que l’arme du crime a été identifiée, que des experts ghanéens et français ont été sollicités. Néanmoins, la famille du défunt se plaint des lenteurs de la justice.
C’est trois ans plus tard, en janvier 2023, que l’ancien chef d’état-major, Félix Abalo Kadangha, est arrêté, jugé, en novembre, avec six autres militaires et donc condamné à 20 ans de prison, pour entrave à la justice, complot contre la sûreté de l’État et complicité d’assassinat.
Source: RFI


