Le Ghana et le Burkina Faso ont décidé, en ce début de week-end, de renforcer significativement leur coopération bilatérale à l’issue d’une visite officielle de deux jours du ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, à Ouagadougou.
Dans un communiqué rendu public à l’issue des discussions, le chef de la diplomatie ghanéenne a évoqué des échanges « substantiels, francs et porteurs d’impact » avec le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Les entretiens avec son homologue, Karamoko Jean-Marie Traoré, ont également été qualifiés de « positifs et tournés vers l’avenir ».
Un front commun contre le terrorisme
Au cœur des discussions : la situation sécuritaire dans la sous-région. Les deux gouvernements ont condamné les récentes attaques terroristes ayant frappé le Burkina Faso et exprimé leurs condoléances aux familles des victimes.
Accra et Ouagadougou ont surtout convenu de concevoir et d’adopter un nouveau cadre de coopération sécuritaire visant à neutraliser le terrorisme et l’extrémisme violent, un enjeu majeur pour les pays d’Afrique de l’Ouest confrontés à une intensification des menaces transfrontalières.
Les deux États ont également acté la mise en place d’un nouveau partenariat en matière de gestion des catastrophes. Cette initiative vise notamment à mieux faire face aux débordements récurrents du barrage de Bagré, dont les lâchers d’eau ont par le passé provoqué d’importantes inondations au Ghana.
Ce mécanisme de coopération entend renforcer les capacités d’anticipation, de coordination et de réponse humanitaire entre les deux pays.
Autre avancée notable : la réactivation de la Commission permanente conjointe de coopération (PJCC), restée inactive pendant six ans. Cette relance fait suite aux rencontres tenues en janvier et mars derniers entre le président ghanéen John Mahama et le président burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré.
À l’issue des travaux de la PJCC, sept accords ont été signés, couvrant des domaines variés :
- la reconnaissance mutuelle des permis de conduire nationaux ;
- le transport et le transit routier ;
- la coopération transfrontalière ;
- la mise en place de cadres de consultation périodiques entre autorités administratives frontalières ;
- la création d’une commission conjointe chargée de réaffirmer la frontière commune ;
- la prévention et la gestion des catastrophes et crises humanitaires ;
- la lutte contre la culture, la production et le trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes.


