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Affaire des « ports africains » : Vincent Bolloré attendu devant la justice française « corruption d’agent public étranger » au Togo

Vincent Bolloré/Photo: DR

Le milliardaire français Vincent Bolloré sera jugé du 7 au 17 décembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris pour « corruption d’agent public étranger », dans une affaire liée au Togo et remontant à la campagne présidentielle de 2010. L’information, confirmée par le parquet national financier (PNF), s’inscrit dans le cadre de l’enquête dite des « ports africains », ouverte depuis 2013.

Au cœur du dossier : les activités de l’agence Euro RSCG (devenue Havas), filiale du groupe Bolloré, accusée d’avoir fourni des prestations de communication à un tarif sous-évalué pour la campagne du président togolais Faure Gnassingbé. En contrepartie, le groupe aurait bénéficié d’avantages économiques ultérieurs.

Selon une source judiciaire, il est notamment question de « l’attribution à partir de mai 2019 de divers avantages au groupe Bolloré », incluant le prolongement de la concession du port de Lomé ainsi que des avantages fiscaux.

Une défense qui dénonce une procédure inéquitable

Les avocats de Vincent Bolloré contestent fermement les poursuites. Dans un communiqué, ils jugent « impossible la tenue d’un procès équitable ».

Maîtres Céline Astolfe et Olivier Baratelli affirment que « les opérations survenues il y a plus de 15 ans entre les groupes Bolloré et Havas, dont M. Bolloré n’avait pas connaissance, portant sur 300 000 euros payés par chèques et passés régulièrement en comptabilité, s’inscrivaient dans le cadre normal des relations commerciales entre ces deux groupes ».

Ils dénoncent également une « atteinte irrémédiable » à la « présomption d’innocence » de leur client et rappellent qu’un recours a été introduit devant la Cour européenne des droits de l’homme, qui « a accepte de s’en saisir ».

Une affaire aux ramifications régionales

Le dossier dépasse le cadre togolais. Vincent Bolloré est également poursuivi pour complicité d’abus de confiance en Guinée, en lien avec la campagne présidentielle de 2010 de l’ancien chef d’État Alpha Condé.

En 2021, l’homme d’affaires avait reconnu les faits dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, acceptant une amende de 375 000 euros. Mais le tribunal avait refusé d’homologuer cet accord, relançant la procédure.

De son côté, le groupe Bolloré a déjà versé 12 millions d’euros dans le cadre d’une convention judiciaire d’intérêt public.

Ce procès, attendu en décembre, pourrait raviver le débat sur les relations entre grandes entreprises françaises et pouvoirs politiques africains.

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