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Consommation électrique : Sans les « tarifs préférentiels » à la SNPT, WACEM et SCAN, le Togo n’aurait pas de dette !

Hier, c’était des raisons de pannes évoquées au Nigeria pour justifier l’inconstance dans la fourniture du courant électrique. Mais le rapport de la commission de régulation du Nigeria, Nigerian Electricity Regularory Commission (NERC) en ce début d’année vient rebattre les cartes. Grosso modo, le Togo, le Benin et le Niger doivent cumulativement 17,8 millions de dollars de dette. Mais le Togo aurait pu ne pas figurer dans cette honteuse liste, pour peu que trois des plus gros consommateurs de courant électrique cessent de bénéficier outrageusement de tarifs préférentiels de la part de la Compagnie d’énergie électrique du Togo (CEET).

Le dernier rapport de la Nigerian Electricity Regulatory Commission (NERC) pour le compte du troisième trimestre 2025 révèle que le Bénin, le Niger et le Togo se partagent une dette de 17,8 millions de dollars envers le Nigeria du fait de l’électricité consommée et fournie par des producteurs nigérians.

Dans un environnement de plus en plus tendu sur le plan de la mobilisation des ressources, dire que cette information tombe à un mauvais moment au vu de la loi de finances, gestion 2026. Simplement parce la dette totale du Togo titille déjà des sommets dangereux. Soit. Et pourtant, le pays pourrait éponger cette ardoise, pour peu que les subventions –terme qu’on évite dans le sérail- ou plutôt les « tarifs préférentiels » cessent d’être accordés à certaines sociétés exploitant des ressources minières du pays. Dans le même temps, le consommateur lambda continue de payer au prix fort le kilowattheure.

9,987.12 milliards FCFA de subventions à la SNPT, WACEM et SCAN

Subventions publiques au secteur extractif. Selon le Rapport d’activité 2023 de l’Autorité de Régulation du Secteur de l’Électricité (ARSE), depuis le 1er juillet 2022, les sociétés extractives SNPT, WACEM et SCANTOGO Mines, transférées de la Communauté Électrique du Bénin (CEB) à la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET), bénéficient de tarifs préférentiels d’électricité, contrairement à d’autres entreprises industrielles soumises à des tarifs plus élevés.

Toujours selon l’ARSE (2023), ces trois sociétés ont consommé en 2023 un volume total de 205,92 GWh, représentant 10,38 % de la consommation nationale d’électricité, une électricité majoritairement issue de sources thermiques fossiles. Le rapport devient plus alarmant…

Conformément à l’arrêté n°046/PR/MDEM/CAB/2023 du 18 août 2023, le tarif de vente de l’électricité applicable aux sociétés transférées de la CEB vers la CEET est fixé à 71 FCFA/kWh à compter du 1er avril 2023, après application d’un tarif de 65 FCFA/kWh au cours du premier trimestre 2023, contre un tarif d’achat de 119,50 FCFA/kWh.

S’agissant de SCANTOGO Mines, ces conditions tarifaires préférentielles sont prévues par sa convention d’investissement, laquelle engage l’État à négocier des conditions avantageuses avec la CEET.

Sur la base des données issues du Rapport d’activité 2023 de l’ARSE, de l’arrêté tarifaire de 2023 et des consommations déclarées, le manque à gagner estimatif pour l’État, assimilable à une subvention publique implicite et à une dépense quasi-budgétaire au sens de la Norme ITIE, est évalué à 9,987.12 milliards FCFA pour l’année 2023.

A combien s’élève la dette du Togo envers le Nigeria ?

En considérant que le dollar équivaut à 575 FCFA, la dette cumulée des trois pays s’élèverait à environ 10,235 milliards FCFA, les tarifs préférentiels des trois sociétés installées au Togo pour l’année 2023 s’évaluent à 97,57% du total de la dette. Autrement dit, rien qu’avec le manque à gagner du fait des tarifs préférentiels, le Togo seul pouvait éponger cette dette.

Or, la part du pays est loin de ce que doivent les trois entreprises minières. Combien doit exactement le Togo au Nigeria ?

Pendant que les consommateurs huppés, de moyenne classe et e bas étage s’acquittent des factures de courant dont le kilowattheure est beaucoup plus cher, l’Etat se permet des subventions qui s’apparentent à du bradage des ressources au profit de sociétés générant des profits certains. Or, lesdites entreprises sont loin d’être des parangons de vertu en matière de responsabilité sociale des entreprises (RSE).

En attendant qu’un zoom soit fait sur ce dernier aspect, il est triste que la CEET fasse de la ségrégation énergétique pour des raisons obscures…

Godson K.

Source : Libertetogo.tg

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