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Togo- Women Business and Law: « Les résultats ne doivent pas conduire à l’autosatisfaction », prévient Sandra Ablamba Johnson

Le Togo veut transformer l’essai. À l’occasion de la présentation officielle du rapport Women, Business and the Law 2026 de la Banque mondiale, vendredi 27 mars à Lomé, les autorités togolaises ont mis en avant les progrès du pays en matière de droits économiques des femmes, tout en appelant à poursuivre les réformes pour combler l’écart entre la loi et la réalité.

Dans une salle réunissant membres du gouvernement, partenaires techniques et diplomatiques, la cérémonie a pris des allures de plaidoyer pour une croissance plus inclusive. Et pour cause : selon ce rapport publié le 24 février à Washington, le Togo se classe 2e en Afrique pour le pilier des cadres juridiques, avec un score de 79,33 sur 100, derrière l’île Maurice.

Lire aussi: Droits économiques des femmes : le Togo grimpe à la 2ᵉ place en Afrique, mais des défis persistent

Pour Dr Sandra Ablamba Johnson, Ministre, Secrétaire Général de la Présidence du Conseil et gouverneur de la Banque mondiale pour le Togo, cette performance dépasse le simple indicateur statistique. « Plus qu’un simple classement, cette performance confirme la solidité du cadre juridique togolais en matière d’égalité économique et positionne le Togo parmi les économies africaines les plus avancées », a-t-elle déclaré, saluant une dynamique engagée depuis plusieurs années.

Une reconnaissance, mais pas une fin en soi

L’édition 2026 du rapport introduit une évolution méthodologique notable : au-delà des lois, elle évalue désormais leur application effective ainsi que les dispositifs institutionnels qui les accompagnent. Une approche plus exigeante qui, selon les autorités, renforce la portée des résultats obtenus par le Togo.

Dans plusieurs domaines clés – rémunération, mariage, actifs ou encore pension – le pays obtient un score juridique parfait, signe d’une égalité formelle largement consacrée par les textes. Mais l’enjeu, désormais, se situe ailleurs.

« Ces résultats ne doivent pas nous amener à rester dans l’autosatisfaction. Nous devons poursuivre la dynamique des réformes », a insisté Sandra Ablamba Johnson, pointant les défis persistants liés à l’effectivité des droits sur le terrain.

Car si le cadre juridique est jugé solide, le rapport souligne encore des marges de progression, notamment dans la perception de l’application des lois et dans le renforcement des mécanismes d’accompagnement des femmes.

Le poids déterminant de la volonté politique

Au cœur de cette progression, les autorités mettent en avant un facteur clé : la volonté politique. « Le premier moteur de ces résultats est la volonté affirmée au plus haut niveau, celle du Président du Conseil, qui a fait de l’égalité de genre une priorité », a rappelé la ministre.

Dans un clin d’œil appuyé, elle a tenu à saluer le rôle de Faure Essozimna Gnassingbé, qu’elle décrit comme un acteur central des réformes engagées. « Je voudrais rendre un vibrant hommage au Président du Conseil pour son leadership et son engagement à faire des femmes togolaises des actrices à part entière de la vie économique, politique et sociale », a-t-elle affirmé.

Cette orientation s’inscrit dans la feuille de route gouvernementale, qui place l’inclusion sociale et économique parmi ses priorités, dans un pays où les femmes représentent plus de la moitié de la population.

Des réformes à consolider

Au fil des années, plusieurs révisions législatives – code du travail, code pénal, code de la famille ou encore sécurité sociale – ont permis d’améliorer sensiblement l’environnement juridique. Des avancées que la Banque mondiale considère comme directement corrélées à une meilleure participation des femmes au marché du travail.

Mais pour les autorités, le défi est désormais d’ordre opérationnel : traduire ces acquis en transformations concrètes dans la vie quotidienne. Des initiatives sont ainsi annoncées pour 2026, notamment en faveur des jeunes filles déscolarisées, de l’accès à l’état civil ou encore du soutien aux femmes entrepreneures.

Le message est clair : consolider les acquis tout en accélérant l’inclusion économique. « Il s’agit de combler le fossé entre la loi et la pratique et de promouvoir une participation accrue des femmes au développement économique national », a résumé Sandra Ablamba Johnson.

Dans un contexte mondial marqué par les inégalités persistantes, Lomé entend ainsi capitaliser sur ses avancées pour affirmer une trajectoire singulière. Celle d’un pays qui, à défaut d’avoir tout réglé, veut désormais prouver que ses réformes peuvent produire des effets durables.

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