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Togo- La torture, un cadre légal renforcé mais une pratique qui inquiète

Atcholi Kao, président de l'ASVITTO

À l’approche du 4ème cycle de l’Examen périodique universel (EPU) prévu en janvier 2027, l’Association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO) tire un bilan en demi-teinte des engagements pris par l’État togolais en 2022. Un paradoxe se dessine : les textes progressent, mais le terrain recule.

Réunie ce jeudi avec des journalistes et défenseurs des droits humains, en partenariat avec Amnesty International, l’organisation a dressé un état des lieux des recommandations adressées au Togo en matière de torture et de conditions de détention. Sur le papier, le bilan n’est pas vide. Kao Atcholi, Directeur exécutif de l’ASVITTO, reconnaît des « avancées » notables : une loi organique réformant la Commission nationale des droits de l’Homme intégrant le Mécanisme national de prévention de la torture, une criminalisation explicite de la torture, et le principe de son imprescriptibilité désormais inscrit dans le nouveau Code pénal. Le Code de procédure pénale, lui, reste en attente.

Mais c’est précisément ce décalage entre la loi et son application qui constitue le cœur du constat de l’ASVITTO. « Depuis que le cadre juridique a été institué, on a eu un semblant de mise en œuvre ; mais il y a eu un grand recul dans la mise en pratique des engagements pris pour la prévention de la torture », alerte Atcholi. Il pointe directement les événements survenus en 2025, marqués selon lui par des actes de torture commis sur des manifestants, y compris des femmes et des enfants, des faits qu’il juge incompatibles avec une réelle volonté de protéger l’intégrité physique des citoyens.

Au-delà du diagnostic, la rencontre visait un objectif plus large : nourrir les rapports alternatifs que la société civile prépare pour le prochain passage du Togo devant l’EPU. En sollicitant les observations des journalistes, eux-mêmes témoins du terrain, l’ASVITTO entend documenter cet écart entre les engagements internationaux et leur traduction concrète.

Les participants ont par ailleurs été formés aux principes d’action d’Amnesty International — neutralité, impartialité — ainsi qu’aux mécanismes de protection des droits humains aux échelles nationale, régionale et onusienne, autant d’outils mobilisables pour documenter et faire remonter ces régressions.

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