Pendant deux jours, une quinzaine d’acteurs des médias confessionnels togolais se sont retrouvés autour d’un objectif commun : apprendre à détecter et désamorcer les discours de radicalisation avant qu’ils ne prennent racine. L’atelier, organisé par Hotsi Communication avec l’appui de l’ambassade des États-Unis au Togo, s’inscrit dans la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent (SNAPLEV).
Comprendre avant d’agir
La première journée, intitulée « Comprendre pour mieux prévenir », a permis aux participants de s’approprier les mécanismes de la radicalisation et les narratifs circulant au Togo, avant un exercice collectif de cartographie des rumeurs, tensions et discours de division observés dans leurs communautés respectives, un outil destiné à objectiver des phénomènes souvent perçus de manière diffuse.
La deuxième journée, consacrée à la communication responsable. Les participants ont ensuite travaillé sur le principe du « Do No Harm » (ne pas nuire), avant de construire collectivement des messages destinés à leurs sermons, causeries et émissions, relus en groupe pour en vérifier la clarté et l’absence de stigmatisation.




« Anticiper avant que la violence ne s’installe »
Pour Félix Klavon, formateur et expert en sécurité et paix, l’enjeu dépasse la seule sphère musulmane, souvent associée dans l’opinion à la question de l’extrémisme religieux. « La radicalisation n’est pas exclusivement liée à l’islam. Partout, on peut avoir des extrémistes », rappelle-t-il, tout en reconnaissant que c’est aujourd’hui l’actualité islamiste qui domine le débat public.
Sur la situation togolaise, le formateur se veut lucide sans être alarmiste : « Le radicalisme n’est pas loin de nos portes. Nous avons des personnes radicalisées, mais qui n’ont pas encore franchi le seuil de la violence. Il faut anticiper, ne pas attendre que la violence s’installe. » D’où le choix de cibler en priorité les leaders religieux les plus écoutés de leurs fidèles, considérés comme des relais de confiance capables de désamorcer un discours avant qu’il ne dérive.
L’atelier s’est conclu par des engagements volontaires individuels, chaque participant s’engageant à porter, dans sa propre communauté, les outils acquis durant ces deux journées.

