À Moscou, l’AES et la Russie annoncent une nouvelle ère de partenariat

Ce jeudi, les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Niger et du Mali, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont effectué leur première visite officielle en Russie. Ils ont rencontré leur homologue russe, Sergueï Lavrov, pour discuter des relations bilatérales et de la coopération entre leurs pays respectifs.

Lors d’une conférence de presse conjointe, les responsables diplomatiques de l’AES et de la Russie ont détaillé les grandes lignes de leur partenariat croissant. Sergueï Lavrov a inauguré la rencontre en qualifiant la création de l’AES de « deuxième réveil de l’Afrique ».

L’une des annonces majeures de la journée a été l’engagement de Moscou à soutenir la formation d’une force armée conjointe de l’AES. Lavrov a confirmé que la Russie fournirait des consultations, des armements et des instructeurs pour renforcer cette initiative. Le ministre russe a également annoncé la mise en place d’un format quadripartite régulier entre la Russie et l’AES, avec des rencontres annuelles à venir. Un autre point marquant a été l’indication selon laquelle les échanges commerciaux entre la Russie et les pays de l’AES ont été multipliés par dix en l’espace d’un an.

De leur côté, les ministres de l’AES ont exprimé leur détermination à renforcer les liens avec la Russie. Abdoulaye Diop, ministre malien, a évoqué la nécessité de contrer les menaces sécuritaires posées par certains « sponsors étatiques étrangers et acteurs régionaux » qu’il considère comme un obstacle à la stabilité du Sahel. Il a également mis en avant le projet de forces armées conjointes pour faire face à ces dangers. Sur le plan linguistique, Diop a affirmé que l’avenir de l’AES après le retrait de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) ne poserait « aucun problème », soulignant l’intention de promouvoir les langues nationales au sein de l’alliance. Il a, par ailleurs, salué le « partenariat stratégique ouvert » avec la Russie et a exprimé l’espoir de voir les relations se développer au sein des BRICS.

Bakary Yaou Sangaré, le ministre des Affaires étrangères du Niger, a pour sa part annoncé l’ouverture prochaine d’une ambassade russe au Niger. Il a rappelé que la Russie avait été « le premier pays à être présent à nos côtés » après l’arrivée du Comité National pour le Sauvetage du Peuple (CNSP) au pouvoir.

Enfin, Karamoko Jean-Marie Traoré, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, a souligné les « résultats probants » des consultations menées avec la Russie. Il a également précisé que Moscou devenait de plus en plus une destination privilégiée pour le secteur privé de l’AES, tout en soulignant l’importance d’un partenariat mutuellement bénéfique.

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