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Médiation africaine sur la RDC : l’UA peut-elle s’imposer à partir de Lomé ?

Les travaux de haut niveau consacrés à la situation dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) s’ouvrent ce samedi 17 janvier à Lomé, sous l’égide de l’Union africaine (UA). Cette rencontre rassemble un nombre significatif de personnalités politiques africaines appelées à jouer un rôle central dans la relance de la médiation continentale sur un dossier marqué par la persistance des violences et la complexité des enjeux régionaux.

Autour du président du Conseil du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur désigné de l’Union africaine pour l’Est de la RDC depuis mars 2025, se retrouvent plusieurs anciens chefs d’État et hauts responsables africains mobilisés comme facilitateurs. Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, conduit cette délégation qui comprend notamment Olusegun Obasanjo (Nigeria) et Uhuru Kenyatta (Kenya), figures déjà impliquées dans des processus de médiation sur le continent.

Le panel est également composé de Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie, de Catherine Samba-Panza, ancienne présidente de transition de la République centrafricaine, ainsi que de Mokgweetsi Masisi, ancien président du Botswana.

L’objectif affiché est de renforcer la médiation africaine en s’appuyant sur l’expérience de ces personnalités, tout en cherchant à mieux articuler les différentes initiatives régionales existantes. Les discussions portent notamment sur les mécanismes de désescalade, la reprise du dialogue politique et la coordination entre les acteurs impliqués dans le processus de paix.

Le choix de Lomé s’inscrit dans une démarche de neutralité et de continuité diplomatique. Le Togo, régulièrement impliqué dans des efforts de médiation sur le continent, entend jouer un rôle de facilitateur sans se substituer aux parties concernées.

Reste toutefois une question centrale : dans un dossier marqué par l’implication de nombreux médiateurs régionaux et internationaux, l’Union africaine peut-elle dépasser un rôle d’accompagnement pour s’imposer comme un acteur structurant du processus de paix ? Les travaux qui s’ouvrent ce 17 janvier devraient permettre d’évaluer la capacité de l’organisation continentale à peser davantage sur l’évolution du conflit et à proposer une approche politique durable.

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