Au Togo, les concours de recrutement dans l’administration publique se suivent et se ressemblent presque trait pour trait. Après les épreuves, les candidats doivent s’armer de patience, prier le ciel pour ensuite oublier carrément qu’ils ont passé un concours.
Le 31 octobre 2024, le gouvernement, via un communiqué, a officiellement annulé le concours national de recrutement de fonctionnaires pour le compte du ministère de l’Economie et des Finances, ouvert le 22 janvier 2020. Après plus de quatre ans d’attente.
Dans la foulée de cette décision, un nouveau concours a été lancé pour le compte du même ministère, avec une ouverture des candidatures le 4 novembre 2024. Au total, 800 fonctionnaires étaient recherchés. Les épreuves écrites se sont déroulées à partir du 21 décembre 2024. Mais depuis lors, les candidats attendent désespérément les résultats.
Pour ceux ayant déjà pris part au concours de 2020 et qui se sont réinscrits pour ce nouveau recrutement, certaines facilités leur avaient été accordées. Ils étaient dispensés du dépôt de dossier et du paiement des frais de quittance, et n’avaient besoin que de confirmer leur candidature par une simple demande manuscrite.
Pour beaucoup, cette annulation tardive a été vécue comme un véritable choc. Certains candidats avaient fondé tous leurs espoirs sur ce recrutement, suspendant projets personnels, formations ou opportunités professionnelles, dans l’attente d’une hypothétique proclamation des résultats. Si certains ont fini par abandonner, d’autres ont vu dans le nouveau concours lancé en octobre 2024 une lueur d’espoir. Ils espéraient notamment que le gouvernement se rattraperait en publiant dans les meilleurs délais les résultats, au regard de la longue attente imposée par le concours de 2020.
Mais, plus d’un an après les épreuves écrites, ce nouveau concours n’a toujours pas livré ses résultats. Alors que les candidats sont dans l’expectative pesante, dans un contexte social et politique particulièrement sensible. Le chômage et le sous-emploi continuent de frapper de plein fouet la jeunesse togolaise. Pour plusieurs observateurs, une proclamation rapide et transparente des résultats de ce concours pourrait contribuer, même temporairement, à apaiser le climat social.
Du côté des candidats, le découragement gagne du terrain. Beaucoup estiment que leurs espoirs sont « plus que jamais au plus bas », face aux attentes qui deviennent de plus en plus longues.
Dans le même temps, le gouvernement continue d’annoncer de nouvelles opportunités. Le 10 décembre 2025, la ministre de la Planification du développement et Secrétaire générale de la Présidence du Conseil, Sandra Ablamba Johnson, a annoncé l’ouverture du concours d’entrée à l’Institut de formation et de recherche démographiques (IFORD) de Yaoundé, au Cameroun. Bien qu’il s’agisse d’un concours d’accès à une école de formation, cette annonce suscite des interrogations chez les candidats ayant déjà passé les épreuves pour le recrutement au ministère de l’Économie et des Finances.
Le 30 décembre 2025, un concours national de recrutement de fonctionnaires enseignants du préscolaire, du primaire et du secondaire général et technique a été également ouvert. 3851 postes sont à pourvoir.
Beaucoup se demandent si les résultats du concours pour le compte du ministère de l’Economie et des Finances seront proclamés avant la date des épreuves écrites du concours d’entrée à l’IFORD et celui du ministère de l’Education nationale, redoutant une nouvelle fois d’être laissés dans l’incertitude.
Joël D.
Source : Libertetogo.tg


