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Togo- Koudjoukponkpon: Ce jardin d’enfants qui a tout changé dans ce village de Dankpen

Crédits photo: UNICEF/Togo/CombeyCOMBETEY

À Koudjoukponkpon, petit village du canton de Bapuré dans la préfecture de Dankpen, dans la région de la Kara, dans le nord du pays, l’école maternelle ne se vit plus comme une contrainte improvisée, mais comme un espace structuré et attendu. Depuis janvier 2026, le Jardin d’enfants public (JEP) dispose pour la première fois d’un bâtiment scolaire en bonne et due forme, fruit d’un partenariat entre l’État togolais et l’UNICEF. Une réalisation modeste en apparence, mais dont les effets se font déjà sentir dans la vie quotidienne des familles.

Créé en 2011, le JEP de Koudjoukponkpon a longtemps fonctionné sans infrastructure dédiée. Les activités pédagogiques se tenaient en plein air, sous les arbres de l’école primaire. Une situation que Bawa Gmayewi, directeur du jardin d’enfants, n’oublie pas. « Les conditions étaient très compliquées. Le vent, la poussière, la pluie ou le soleil rendaient le travail instable. À chaque alerte météo, il fallait interrompre les cours », raconte-t-il. Une précarité qui fragilisait l’apprentissage et alimentait la méfiance de nombreux parents.

L’inauguration du nouveau bâtiment, le 27 janvier 2026, marque une rupture. L’ouvrage comprend des salles de classe équipées de mobilier adapté à la petite enfance, un espace de repos, un bureau, un magasin, ainsi que des latrines et une douche. Pour les enfants, c’est un changement radical. « Ils se sentent protégés, valorisés. Aller à l’école a désormais du sens pour eux », observe Bawa Gmayewi.

GMAYEWI Bawa, Directeur JEP Koudjoukponkpon/Crédits photo:
UNICEF/Togo/CombeyCOMBETEY

Cette amélioration du cadre d’accueil a rapidement modifié le comportement des familles. En quelques jours seulement, près d’une vingtaine de nouvelles inscriptions ont été enregistrées. Bassirou Fousseni, directeur de l’École primaire publique de Koudjoukponkpon, y voit un signal fort. « En l’absence de bâtiment scolaire, de nombreux parents préféraient garder leurs enfants à la maison, estimant que les cours dispensés sous les arbres relevaient davantage de l’amusement que d’un véritable apprentissage. Mais dès que nous avons obtenu l’autorisation d’accueillir les enfants dans le nouveau bloc, nous avons enregistré près d’une vingtaine de nouvelles inscriptions  », explique-t-il, affirmant sa volonté d’accompagner le JEP pour renforcer le respect des programmes et la qualité des apprentissages.

FOUSSENI Bassirou, Directeur EPP Koudjoukponkpon/Crédits photo:
UNICEF/Togo/CombeyCOMBETEY

Dans les foyers, l’école suscite désormais l’enthousiasme. Un parent rapporte les paroles de sa fille après ses premiers jours en classe : « Elle m’a dit qu’elle voulait aller à l’école tous les jours, parce qu’elle fait désormais le cours dans une vraie salle ». Un témoignage simple, mais révélateur de l’impact psychologique de l’infrastructure sur les enfants eux-mêmes.

Pour Odjagome Tagone, secrétaire principal à l’Inspection des enseignements préscolaire et primaire de Dankpen, cette réalisation répond à un besoin structurel longtemps ignoré. « Un environnement adapté améliore le rendement des enseignants et prépare mieux les enfants avant le CP1, notamment sur le plan du langage et de la communication », souligne-t-il. Selon lui, l’enjeu dépasse le simple bâtiment : il s’agit de poser des bases solides pour la réussite scolaire future.

TAGONE Oudjagome, Secrétaire Principal à l’Inspection des Enseignements Préscolaire et Primaire de Dankpen, représentant le Chef d’inspection/Crédits photo:
UNICEF/Togo/CombeyCOMBETEY

À l’échelle nationale, cette initiative s’inscrit dans un programme plus large de soutien à l’éducation de base. À travers le gouvernement togolais, l’UNICEF appuie la construction et l’équipement de jardins d’enfants publics dans plusieurs régions du pays. À Koudjoukponkpon, cette première infrastructure scolaire symbolise ainsi un changement durable : celui d’une école qui rassure, attire et commence à tenir ses promesses.

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