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40 ans après le décès de Cheikh Anta Diop, l’Afrique continue de se nourrir à la mamelle occidentale

7 février 1986 – 7 février 2026, il y a 40 ans, décédait le professeur Cheikh Anta Diop. Ce Sénégalais, plus grand savant du XXè siècle, né le 29 décembre 1923 dans un tout petit village sénégalais (Caytou), est décédé. A 63 ans, il rejoint ses ancêtres après avoir réalisé une immense œuvre, celle d’avoir restitué à l’Afrique son vrai passé et d’appeler à la conscience historique africaine, ciment qui réunit les individus d’un peuple.

Cheikh Anta Diop a été une lumière à un moment où l’Afrique plongeait encore dans l’abîme total, et surtout, a donné au continent africain, sa vraie place dans l’antiquité.

40 ans après son décès, c’est à peine que l’œuvre de cet immense monument est citée dans les écoles et universités en Afrique. Les programmes scolaires et universitaires viennent toujours de l’Occident et les Africains continuent, tête baissée, de se nourrir à la mamelle occidentale dans tous les domaines (droit, économie, philosophie, sociologie, mathématiques, architecture, politique, religion, culture etc), comme si leur salut viendra de là.

L’œuvre de Cheikh Anta Diop

La véritable histoire de cet intellectuel africain multidimensionnel a commencé en 1954, lorsqu’il sortit son tout premier livre intitulé ‘Nations nègres et culture’. Rappel utile, en ce moment, la plupart des enclos coloniaux africains créés à la conférence de Berlin par les occidentaux sans les Africains, n’étaient pas encore sorti du joug colonial (le sont-ils aujourd’hui ?). Cette œuvre, selon l’intelligence artificielle, « est une œuvre majeure qui a révolutionné l’historiographie africaine. L’ouvrage soutient l’origine africaine de l’humanité, l’appartenance nègre de la civilisation égypto-nubienne, et plaide pour un Etat fédéral continental. Bien qu’initialement controversé en France, le livre est aujourd’hui reconnu pour avoir restitué son passé au continent africain ».

Il a payé le prix fort de cette témérité en faisant l’objet de la marginalisation, de la censure, de la persécution et des attaques de toutes sortes. Mais, il est resté égal à lui-même, invitant toujours ses contempteurs sur le plan de la science.

L’autre pan fort de la vie de cet érudit va se passer du 28 janvier au 3 février 1974. Soit 20 ans après la publication de son ouvrage susmentionné, Cheikh Anta Diop, fait organiser par l’UNESCO le plus grand colloque du Caire. Accompagné d’un autre savant africain (toujours en vie), en la personne du professeur congolais Théophile Obenga, Cheikh Anta Diop avait fait face aux plus grandes figures de l’égyptologie occidentale sur l’origine du peuplement de l’Afrique et le point sur le déchiffrement de l’écriture méroïtique. Les 2 érudits africains ont damé le pion à la communauté dite scientifique sur les 2 points. Voici la conclusion de l’UNESCO à la fin de ce colloque : « la très minutieuse préparation des interventions des professeurs Diop et Obenga, n’a pas eu, malgré les précisions contenues dans le document de travail préparatoire envoyé par l’UNESCO, une contrepartie toujours égale. Il s’en est suivi un réel déséquilibre dans les discussions ».

Avant cette démonstration, la théorie qui était en vigueur disait que l’homme noir est un occupant étranger en Afrique. Avant lui, il y avait des pygmées. Et après lui, sont venus des blancs plus forts que lui.

On retient que l’homme a fait de la recherche, une exigence, de la vérité un combat et du savoir un acte de dignité pour l’Afrique. Il est auteur de plusieurs ouvrages qui n’ont pas droit de citer dans les écoles et universités en Afrique. Selon lui, le vrai drame de l’Afrique n’est pas seulement le pillage des ressources mais la fragmentation organisée. Il ajoute toujours que sans unité politique et linguistique, l’Afrique restera dominée, malgré sa grande richesse. Son œuvre est une pensée à transmettre et une arme intellectuelle contre l’ignorance et le mimétisme intellectuel dans lequel l’Afrique baigne encore. On retient de lui que l’Afrique n’a pas à mimer, elle a juste besoin de se souvenir.

Source : Globalactu.com

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