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Afrobaromètre : six Togolais sur dix estiment que le pays va dans la mauvaise direction

Centre-ville Lomé, © Blamé Ekoué

L’enquête d’Afrobaromètre révèle un fort malaise socio‑économique au Togo, entre difficultés quotidiennes, perception négative de l’économie et dépendance aux matières premières, les Togolais sont pessimistes.

La nouvelle enquête d’Afrobaromètre révèle un profond malaise socio‑économique au sein de la population du Togo. Entre difficultés du quotidien, perception négative de l’économie nationale et dépendance persistante aux matières premières, les Togolais expriment majoritairement un pessimisme durable quant à l’évolution de leur pays.

Afrobaromètre vient de publier les résultats d’une enquête consacrée au ressenti des Togolais concernant leurs conditions de vie et l’état de l’économie nationale.

Les conclusions sont sans appel : plus de 60 % des personnes interrogées estiment que le pays va dans la mauvaise direction, et beaucoup jugent que l’économie est en très mauvais état. Pour nombre d’entre eux, leur situation personnelle s’est même détériorée cette année.

Selon le rapport, une grande partie de la population déclare manquer régulièrement d’argent liquide, de soins médicaux ou encore d’eau potable. Aujourd’hui, trois Togolais sur quatre vivent dans une pauvreté modérée ou sévère.

Hervé Akimocho, directeur du centre de recherche Crop, partenaire national d’Afrobaromètre au Togo, résume ces conclusions : « La majorité des Togolais trouve que le pays va dans la mauvaise direction, que la situation économique est mauvaise et qu’elle s’est détériorée au cours des douze derniers mois. »

Des problèmes structurels selon les chercheurs

Dans l’étude, les Togolais identifient leurs trois principaux problèmes : le chômage, les infrastructures et la santé.

Pour Hervé Akimocho, cette perception persistante traduit un phénomène plus profond : « Quand on regarde les données dans le temps, cette perception se perpétue. Cela voudrait dire que c’est un problème structurel. »

Le chercheur évoque notamment une économie encore trop dépendante des matières premières, fragilisée par les crises internationales récentes.

Des voix plus nuancées sur le terrain

Sur le terrain, les avis se montrent parfois plus mesurés. Koffi, commerçant, insiste sur la responsabilité partagée entre citoyens et autorités : « On sait bien que le gouvernement ne peut pas tout faire. Nous aussi, on doit essayer de travailler. Mais il faut d’abord qu’il nous aide. »

Même tonalité chez Tété Apélété, menuisier, qui souligne “beaucoup d’insuffisances. Mais il y a aussi des efforts. Nous faisons confiance à notre gouvernement.”

Des programmes sociaux pour répondre aux besoins

Le gouvernement rappelle de son côté avoir renforcé ses efforts en matière sociale.

Selon un bilan officiel de l’année 2025, 1,8 milliard de francs CFA ont été consacrés à des actions de réduction des vulnérabilités, bénéficiant à plus de 204 000 personnes, dont près de 60 % de femmes.

Source: DW/Noël Tadégnon

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