« Fêter le drapeau sans briser le crayon de Berlin, c’est célébrer sa propre prison. » C’est par cette formule cinglante que le Mouvement Martin Luther King – La Voix des Sans Voix a choisi d’interpeller l’Afrique, ce 26 avril 2026, à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance de dix-sept pays africains. Pas de discours commémoratifs. Pas de gerbes de fleurs. Une déclaration qui tranche.
DÉCLARATION DU MMLK À L’OCCASION DES 66 ANS D’INDÉPENDANCE
« Fêter le drapeau sans briser le crayon de Berlin, c’est célébrer sa propre prison »
Lomé, le 26 avril 2026
1. HOMMAGE AUX BRISÉS
En ce 66ème anniversaire de l’indépendance de 17 pays africains, le Mouvement Martin Luther King – La Voix des Sans Voix s’incline devant la mémoire des pères et combattants de la liberté : Lumumba, Nkrumah, Olympio, Cabral, Sankara, Ménélik II, Béhanzin, Nabiema Bonsafo et tant d’autres.
Mais nous refusons l’hypocrisie.
Leurs rêves ont été brisés aux lendemains même de leur proclamation. L’indépendance du territoire n’a pas donné l’indépendance de la mémoire. Le colon est parti. Le crayon de Berlin est resté et affecte dangereusement le continent africain 141 ans après.
2. LE PÉCHÉ ORIGINEL : BERLIN 1884-1885
Rappelons-le : tous nos pays sont victimes d’un même crime fondateur. Entre novembre 1884 et février 1885, 14 pays européens se sont partagés l’Afrique à Berlin, sans un seul Africain autour de la table. Ils ont tracé nos frontières à la règle. Ils ont semé des peuples dans plusieurs pays et plusieurs peuples dans un pays. Du coup, les germes des conflits communautaires, ethniques et fratricides étaient plantés avant même que le mot « indépendance » n’existe.
Célébrer 66 ans d’indépendance sans remettre en cause Berlin, c’est donner un blanc-seing à ce crime. C’est applaudir ses propres chaînes.
3. L’INSULTE DES LENDEMAINS
Que sont devenus nos héros ? Lumumba est cité le 30 juin et oublié le 1er juillet. Olympio est fleuri le 27 avril et inconnu le 28 avril. Nkrumah, Cabral, Ménélik n’existent que dans les discours officiels des jours fériés. Le lendemain, qui revient dans nos rues, nos écoles, nos têtes ? De Gaulle. Léopold II. Napoléon. Bonaparte. Mitterrand. Chirac.
Plus de 90% de nos avenues portent leurs noms. 100% de nos étudiants connaissent leurs batailles. 0% connaissent les résistances de Béhanzin ou de la Reine Nzinga.
C’est une inversion morale. Une lèpre mentale. C’est comme si un père demandait à ses enfants de célébrer chaque année les voleurs qui ont cambriolé la maison, et d’oublier le grand-père qui est mort en la défendant. C’est inadmissible. C’est anormal. Et nous le disons : c’est fini.
4. L’EXIGENCE DU MMLK :
66 ans, c’est l’âge de la maturité. Un homme de 66 ans qui vit encore chez son bourreau n’est pas indépendant. Il est hébergé et sous contrôle
Le MMLK exige donc :
1. L’Acte de décès symbolique de Berlin 1885 par les États africains.
2. Que chaque pays remplace, d’ici 2028, 66 noms de rues coloniales par 66 noms de héros endogènes. C’est le minimum de dignité.
3. Que « 1 minute, 1 héros » devienne obligatoire dans tous les journaux télévisés et toutes les écoles dès la rentrée 2026.
4. Qu’une journée soit déclaré « Journée de la Mémoire Souveraine » dans toute l’Afrique.
Dans nos pays, on enferme nos héros dans les livres qu’on n’ouvre jamais, pour ne plus voir la vérité.
Le MMLK ne fête pas l’indépendance. Le MMLK l’exerce.
MMLK / La Voix des Sans Voix

