Ils sont une dizaine d’organisations de l’opposition et de la société civile togolaise à avoir signé, ce 2 mai 2026 à Lomé, un communiqué conjoint cinglant. Le constat est accablant : des arrêts de juridictions nationales et internationales ordonnant des libérations s’accumulent sans être exécutés, pendant qu’environ 70 détenus politiques croupissent toujours derrière les barreaux. Les signataires appellent la population à « refuser d’être complice » et exigent des libérations immédiates et sans condition.
Libération immédiate et sans conditions de tous les détenus politiques
Il se sent tout puissant, il se croit au-dessus des Togolais et des lois et il fait ce qu’il veut en toute impunité. Le régime de Faure Gnassingbé n’a aucune considération pour les Togolais ni pour les décisions de justice. Cela doit prendre fin. Encore un déni de justice L’Arrêt N°040/2026 du 18 février 2026 de la Chambre d’Instruction de la Cour d’Appel de Lomé a ordonné la libération de 13 détenus politiques. Malgré cela, les autorités politiques démontrent encore une fois qu’elles contrôlent l’appareil judiciaire, en maintenant en prison les personnes bénéficiant dudit arrêt.
Il s’agit de : ADAM Latif, ALI Agbo Marzouk, ALLES Atti, BANAVEI Balan alias « Général du 19 août », BOUKARI Djobo, FOFANA Nafiou, alias « Agogo », ISSA Issoufou, ISSA Saliou, MOHAMMED Souleymane, YAKOUBOU Bilal, YAYA Soulemani, alias « Mengoua », YOUSSOUF Ali, MAROU Abdoul Razak alias « Vis-à-Vis ».
Cette récidive du pouvoir rappelle que des décisions de la Cour de justice de la CEDEAO ordonnant des libérations depuis plusieurs années sont toujours non-exécutées : c’est notamment le cas de GNASSINGBE Kpatcha et ATTI Abi.
Plusieurs décisions de justice, nationales et internationales, et des recommandations des organisations internationales ne sont toujours pas appliquées, notamment :
1- N° ECW/CCJ/JUD/12/23 : de la Cour de Justice CEDEAO concernant les victimes de la torture dans l’affaire Tigre Révolution, encore en détention arbitraire.
2- N° ECW/CCJ/JUD/45/2023 : de la Cour de Justice CEDEAO concernant les victimes de la torture, militants de la C14 encore en détention arbitraire.
3- N° ECW/CCJ/APP/19/11 : de la Cour de Justice CEDEAO concernant le procès inéquitable vis-à-vis des victimes de torture de 2009.
4- N° ECW/CCJ/JUD/02/24 : de la Cour de Justice CEDEAO concernant la victime de torture Jean Paul Oumolou.
5- N° ECW/CCJ/JUD/09/20 : de la Cour de Justice CEDEAO concernant la coupure arbitraire de l’internet lors des manifestations politiques de la C14.
6- A/HRC/WGAD/2014 : du Groupe de Travail de l’ONU sur la détention arbitraire concernant la détention arbitraire de Kpatcha Gnassingbé et ATTI Abi.
7- L’Arrêt N°22/22 du 23/02/2022 : de la Cour d’Appel de Lomé pour le transfèrement de l’opposant Jean Paul Oumolou du SCRIC à la maison d’arrêt de Lomé.
8- L’Arrêt N°158/20 du 18/11/2020 : de la Chambre d’Accusation de la Cour d’Appel de Lomé demandant une Enquête sur les allégations de torture sur les militants de la C14 en détention.
De nombreuses personnes sont toujours détenues pour leurs opinions politiques. On les estime à environ 70 personnes, dont Jean-Paul Omoulou depuis le nombre 2021, Marguerite Gnakadé depuis septembre 2025 et l’humouriste Tayo (de son vrai nom Akpaou Gros) depuis décembre 2025. On apprend le retour derrière les barreaux d’Affectio (de son vrai nom Honoré Sitsopé Sokpor) depuis quelques jours, alors qu’il venait d’être libéré quatre mois plus tôt après une année de détention arbitraire. C’est un cas d’acharnement, comme cela arrive régulièrement. Pour le régime de Faure Gnassingbé, les arrestations arbitraires et la restriction de l’espace civique sont devenues un mode de gouvernance pour faire taire les voix dissonantes.
Nos exigences
Nous, signataires de ce communiqué, exigeons :
• la libération immédiate et sans condition de l’ensemble des détenus politiques ;
• la reconnaissance officielle et la réparation des préjudices dus aux violations des droits dont ils ont été victimes ;
Appel à la population
Nous, signataires de ce communiqué, appelons la population (étudiants, enseignants, personnels de santé, transporteurs, conducteurs de taxi-moto, commerçantes et commerçants, fonctionnaires civils ou non, dockers, professionnels du secteur privé, agriculteurs et les syndicats) à :
• s’exprimer massivement contre ces détentions arbitraires et contre tous les abus de pouvoir que les citoyens subissent au quotidien, que ce soit dans le secteur du foncier ou dans la vie ordinaire ;
• à maintenir la pression sur le régime, afin d’obtenir la libération des détenus politiques et la cessation de tous les abus de pouvoir. « Un peuple qui reste silencieux devant l’injustice est complice de sa propre servitude. Aujourd’hui, refusons d’être complices. »
Pour
DMK – ORIGINALE Dynamique Monseigneur Kpodzro Thomas Kokou NSOUKPOE, Superviseur Général
DMP, Dynamique pour la Majorité du Peuple Sambiri TARGONE, Coordonnateur
LDP, Lumière pour le Développement dans la Paix Tchagnaou OURO-AKPO, Président
« Touche Pas A Ma Constitution » Nathaniel OLYMPIO, Premier Porte-Parole
