Advertisements

Togo- Face aux blocs de l’opposition, Santé du Peuple défend un paradigme de « concertation dans l’intégrité »

Reçu mardi dans l’émission Audi-Actu sur Victoire FM, Dr Georges William-Kouessan, président du parti Santé du Peuple, a livré une lecture nuancée des recompositions en cours au sein de l’opposition togolaise. Si l’émergence de deux blocs lui paraît « louable », il s’en démarque en proposant une approche alternative : celle d’une « concertation dans l’intégrité » avec le pouvoir.

« C’est bien d’avoir ces deux blocs. Il y a quelques temps, les partis politiques étaient éparpillés. On a toujours souhaité l’existence d’un seul bloc de l’opposition. Si aujourd’hui on en a deux, on peut évoluer vers un seul bloc », observe-t-il. Une dynamique qu’il juge positive, tout en rappelant que son propre parti avait, un temps, appartenu à l’un de ces regroupements.

Mais au-delà de cette structuration progressive, Dr Kouessan appelle à « changer de paradigme ». Pour lui, les stratégies actuelles montrent leurs limites. « Nous pensons qu’il faut changer de paradigme dans la lutte. Je ne peux pas tout dévoiler, nous sommes en train de réfléchir », confie-t-il, évoquant une ligne politique en construction.

Cette orientation s’inscrit dans la continuité de propositions antérieures portées par Santé du Peuple : une candidature issue de la société civile en 2020, puis l’idée d’une « cohabitation concertée » en 2023. « Si cette cohabitation avait été acceptée, nous ne serions peut-être pas dans la situation actuelle », avance-t-il, en référence au basculement institutionnel vers un régime parlementaire.

Au cœur de sa critique, une forme d’incohérence stratégique au sein de l’opposition. « Ce changement de régime a bousculé nos repères. Les gens sont allés aux élections sous une Constitution qu’ils avaient dénoncée quelques mois plus tôt », souligne-t-il.

Face à ces contradictions, le président de Santé du Peuple revendique une ligne à la fois ferme et ouverte. « J’ai des principes sur lesquels je ne transige pas, mais je suis pour la concertation dans l’intégrité avec le parti au pouvoir », explique-t-il. Une posture qu’il oppose aux discours les plus radicaux : « ceux qui se disent les plus intransigeants posent parfois des actes que nous ne comprenons pas ».

Dans un paysage politique en recomposition, cette stratégie de « concertation dans l’intégrité » se veut une tentative de redéfinition des modes d’action de l’opposition. Reste à savoir si elle saura s’imposer comme une alternative crédible aux logiques de blocs.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *