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Togo- De Kara aux labos : comment une professeure togolaise bat en brèche les préjugés sur les femmes et la science

Prendre soin de la santé, éviter les maladies et mieux soigner les patients reposent largement sur la science. Grâce à la recherche et aux progrès médicaux, elle permet de mieux comprendre les défis de santé et d’y apporter des réponses efficaces. Lorsqu’elle est bien comprise et mise au service des populations, la science aide concrètement à sauver des vies et à améliorer le quotidien.

Au Togo, la professeure Sika Dossim incarne cet engagement. Pharmacienne biologiste et professeure agrégée de microbiologie, elle est enseignante-chercheure à l’Université de Kara. À travers son travail, elle montre comment la science peut faciliter l’accès au diagnostic pour les patients, améliorer la prise en charge des maladies et inspirer les jeunes — en particulier les filles — à s’engager dans les métiers de la santé et de la recherche.

Pourquoi est-il si important, selon vous, de faire confiance à la science ?

Nous avons pour habitude de voir la science comme un procédé de laboratoire. Cependant, la science est présente partout dans notre vie quotidienne, même si on ne s’en rend pas toujours compte. Une réaction acide-base est vécue en cuisine lorsque l’on prépare des plats à base d’ingrédients aigres auxquels on ajoute d’autres, notamment le bicarbonate de soude, afin de réajuster le goût. En réalité la science nous entoure. Notre monde est un monde de science, et nous ne pouvons pas vivre sans elle.

Les progrès que nous connaissons aujourd’hui, qu’ils soient médicaux, technologiques ou sociaux, sont le résultat du travail scientifique. Sans elle, beaucoup de choses que nous utilisons chaque jour n’existeraient pas.

Faire confiance à la science, c’est avant tout faire confiance à une méthode sérieuse. Les chercheurs posent des questions, testent des idées, vérifient les résultats et les corrigent si nécessaire. Cette façon de travailler permet d’avancer de manière sûre et progressive. C’est grâce à cette rigueur que la science contribue réellement à améliorer la santé et les conditions de vie.

Quels progrès scientifiques récents vous donnent le plus d’espoir pour la santé au Togo et en Afrique ?

Ce qui me donne le plus d’espoir, c’est l’amélioration de l’accès au diagnostic. Par exemple, grâce aux tests de diagnostic rapide, même les centres de santé situés loin des grandes villes peuvent aujourd’hui détecter des maladies comme le VIH ou l’hépatite B. Cela permet de poser un diagnostic plus tôt et de commencer les soins rapidement.

Un autre progrès très important concerne les tests capables de détecter certaines maladies rapidement. Dans le cas de la tuberculose, il fallait auparavant attendre très longtemps pour avoir un résultat. Aujourd’hui, en moins d’une heure, le diagnostic peut être posé et le traitement démarré immédiatement. Pour les patients, cela fait une grande différence.

En termes simples, comment expliquer l’approche « Une seule santé » ?

L’approche « Une seule santé » est basée sur une idée simple : la santé des humains, celle des animaux et celle de l’environnement sont liées. Nous vivons tous dans le même espace et nous interagissons en permanence avec la nature et les animaux.

On ne peut donc pas protéger la santé des populations sans prendre en compte ces liens. Les épidémies récentes ont montré que de nombreuses maladies proviennent des animaux. Travailler ensemble — médecins, scientifiques, experts de l’environnement — est devenu indispensable pour prévenir les maladies et mieux y répondre.

Comment la science peut-elle aider à mieux se préparer aux futures crises sanitaires ?

La science permet d’abord de mieux comprendre les maladies : comment elles apparaissent, comment elles se propagent et comment les éviter. Elle aide aussi à développer des outils simples et efficaces pour surveiller la santé des populations et réagir plus rapidement en cas de problème.

Mais pour cela, il est important de soutenir la recherche, de former suffisamment de professionnels et de partager les connaissances. Plus la science est comprise par tous, plus elle peut être utile pour protéger les communautés.

Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes, et en particulier aux jeunes filles, qui hésitent à s’engager dans la science ou la santé ?

Je voudrais leur dire que la science n’est pas réservée à quelques personnes seulement. En réalité, nous faisons tous de la science au quotidien : observer, tester, réfléchir, chercher des solutions.

Aux jeunes filles en particulier, je veux dire que leur place est indispensable dans les métiers scientifiques et de la santé. Les femmes y sont encore trop peu nombreuses, mais leur contribution est essentielle. Il faut croire en soi, ne pas se laisser décourager par les préjugés et persévérer. La science et la santé ont besoin de tous les talents pour répondre aux défis de demain.

Source: OMS

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