Advertisements

Bénin : Patrice Talon, à l’heure où blanchit la campagne…

Ce dimanche 24 mai 2026, Romuald Wadagni prête serment à Cotonou. Patrice Talon quitte le pouvoir par la grande porte, la tête haute, avec les mots d’un homme en paix avec son bilan. À l’ouest, son voisin togolais regarde, silencieux.

Il y a des adieux qui sonnent juste. Sur sa page Facebook, Patrice Talon a posté un message d’au revoir à ses compatriotes. Sobre, sincère, sans la grandiloquence habituelle des chefs d’État en partance. Les mots d’un homme qui sait qu’il part, et qui part vraiment.

« Au moment de quitter la charge, je voudrais vous remercier de tout cœur et vous dire combien je suis fier de vous pour le chemin exigeant qu’ensemble nous avons osé parcourir ces dix dernières années », écrit-il. Dix ans. Deux mandats. Et une Constitution qu’il a respectée jusqu’au bout, celle qui lui interdisait de se représenter.

Le passage de témoin

À Romuald Wadagni, son dauphin qui prête serment ce dimanche 24 mai au Palais des Congrès de Cotonou, Talon adresse des vœux chaleureux : « Je ne doute pas que fort de ce que nous avons accompli jusqu’ici et mus par la volonté inébranlable d’aller encore plus loin, ensemble nous saurons nous mobiliser autour de lui et avec lui, dans l’intérêt supérieur du Bénin. »

Il salue aussi, avec une tendresse visible, « une grande dame qui a su m’accompagner avec affection et patience », son épouse Claudine Gbénagnon Kpoviessi épouse Talon, avant de conclure par ces mots simples et dignes : « Avoir été au service de notre pays fut un sacré honneur pour moi. »

Le chemin, reconnaît-il, « ne fut pas toujours simple. Bien souvent, il fut parsemé d’embûches. » Mais il part. Et c’est précisément en cela que réside la force de ce message.

Pendant ce temps, à l’ouest…

À quelques centaines de kilomètres de Cotonou, de l’autre côté d’une frontière qui sépare désormais bien plus que deux territoires, le Togo regarde. En silence.

Là-bas, pas de passage de témoin. Pas de message d’adieu. Pas de Constitution respectée. En 2024, une nouvelle loi fondamentale a été taillée sur mesure, adoptée dans la précipitation et sans véritable délibération nationale, transformant le régime présidentiel en césarisme parlementaire (sic), sans que les Togolais aient été consultés. Le pouvoir, lui, est resté là où il était. Vertical. Concentré. Inamovible.

Pendant que le Bénin célèbre ce dimanche la vitalité de ses institutions et la force tranquille de l’alternance, le Togo s’enfonce dans une Constitution que beaucoup de ses citoyens n’ont pas choisie, portée par un régime allergique au changement et imperméable aux aspirations démocratiques d’un peuple qui attend, depuis trop longtemps, que la campagne blanchisse aussi de son côté.

La différence entre les deux pays voisins n’est pas économique. Elle n’est pas culturelle. Elle est politique. Elle tient en un mot que Patrice Talon a su incarner ce dimanche, et que d’autres, à Lomé, semblent avoir oublié dans le dictionnaire : L’alternance.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *