Pendant que des dirigeants sérieux et responsables dressent le bilan d’une année de gouvernance, au Togo c’est maintenant qu’on consulte la population, les partenaires techniques et financiers, du secteur privé et de la société civile avant de fixer les grandes orientations de l’action publique pour les cinq prochaines années.
En effet, le gouvernement togolais a ouvert le 11 mai 2026 les consultations nationales pour l’élaboration de sa feuille de route 2026-2031. Après Lomé et Tsévié , les consultations doivent se poursuivre dans les cinq régions du pays. Le document final est attendu pour la fin de l’année.
Une feuille de route articulée autour de trois axes : Protéger, Rassembler et Transformer (RPT) qui prend en compte l’année 2026, ne pourrait connaître sa mise en œuvre qu’en 2027 soit deux ans après la prise de fonction de Gnassingbé Faure en tant que Président du Conseil. Et en attendant la finalisation de ce document , que fait-on au gouvernement ?
La principale vedette de cette fumisterie, Sandra Ablamba Johnson, Secrétaire Générale de la Présidence du Conseil dit s’appuyer sur une instruction du Président du Conseil Faure Gnassingbé, formulée lors de son message à la Nation du 27 avril 2026 : « L’avenir du Togo se construira avec tous les Togolais. Une stratégie, aussi bonne soit-elle, ne réussit que si elle est portée, partagée et appropriée. »
Depuis qu’il a commencé par parler de son fameux triptype Protéger, Rassembler et Transformer(RPT) le 2 décembre 2025 devant le Parlement avant de le commuer en programme de gouvernement à l’issue du séminaire gouvernemental des 7 et 8 avril 2026, tout reste illisible.
Cela a été le cas avec l’autre feuille de route 2020-2025 dont le bilan miraculeux a été présenté le 8 avril 2026.Pour l’Exécutif togolais, le taux global d’exécution est de 68,79 % avec une croissance moyenne de 6 %, un PIB passé de 6 453 à 6 919 milliards de FCFA, et une inflation contenue à 0,4 %. Sur le plan social, l’assurance maladie universelle couvrirait 4,4 millions de personnes, 75 % de la population aurait accès à l’électricité. Des chiffres fabriqués de toutes pièces et qui sont aux antipodes des réalités crasseuses sur le terrain. Tout ceci se passe avec Faure Gnassingbé qui a déjà bouclé 21 ans de gâchis au sommet de l’État.
Après 20 ans de gouvernance en tant que Président, il n’était pas en mesure de dresser un bilan documenté, chiffré et vérifiable. De même en changeant de poste tout en gardant les mêmes prérogatives, le successeur de Eyadema Gnassingbé ne peut dresser de bilan après un an d’exercice. Il n’a même pas encore de programme. Comme si tout lui est tombé dessus, c’est maintenant qu’on va réfléchir sur qu’on va faire.
Le Togo souffre sérieusement entre les mains des jouisseurs haut perchés malheureusement au grand dam du bas peuple meurtri et déboussolé.
Honoré ADONTUI
Source : Lecorrecteur.tg
