À peine installé à la tête du Bénin, le président Romuald Wadagni a posé l’un de ses premiers actes symboliques forts. Lors du conseil des ministres du mercredi 3 juin 2026, le chef de l’État béninois a annoncé une dotation exceptionnelle d’un milliard de francs CFA destinée aux hôpitaux publics, pour leur permettre de constituer des stocks d’intrants nécessaires à la prise en charge immédiate des urgences vitales.
Concrètement, cette mesure signifie qu’aucun patient dont le pronostic vital est engagé ne pourra plus se voir refuser des soins faute de moyens financiers. Sur toute l’étendue du territoire national, les formations sanitaires publiques devront accueillir et traiter en urgence, sans condition préalable de paiement.
Ce n’est pas tout. Le conseil des ministres a également alloué une enveloppe de 10 milliards de francs CFA pour l’accès à l’eau potable et à l’électricité dans tous les centres de santé publics qui n’en disposent pas encore, et prescrit l’accélération du programme de supplémentation nutritionnelle des 1000 premiers jours de vie.
Sur son compte Facebook, Wadagni a assumé le sens politique de ces décisions avec des mots simples et directs : « Lorsqu’une urgence vitale survient, chaque minute compte. Trop de familles ont déjà vécu l’angoisse de devoir chercher de l’argent au moment même où il fallait sauver une vie. Cette situation ne peut plus être une fatalité. »
Il a conclu par une formule qui résume sa vision : « Aucune vie ne doit être perdue faute de moyens financiers. Parce qu’une vie humaine n’a pas de prix. »
Et pendant ce temps, au Togo…
À quelques kilomètres de là, de l’autre côté d’une frontière partagée, la situation dans les hôpitaux publics togolais raconte une tout autre histoire. Après plus d’un demi-siècle de pouvoir concentré entre les mêmes mains, les Togolais continuent de composer avec des établissements sous-équipés, et surtout, une règle non écrite mais universellement connue : on ne vous soigne pas avant que vous n’ayez payé. Même pour les premiers soins. Même en cas d’urgence. Des familles ont perdu des proches sur le chemin d’une caisse avant une salle de soins. Des patients ont attendu, parfois jusqu’à l’irréparable, le temps que l’on réunisse les frais exigés à l’entrée.
