Après les eaux, place au nettoyage. Quelques jours à peine, après les pluies diluviennes qui ont plongé plusieurs quartiers de Lomé sous les eaux fin juin, le Ministère délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement a changé de braquet. Fini le seul pompage d’urgence : place désormais à une vaste opération d’assainissement, destinée à éviter que la catastrophe hydrique ne se double d’une crise sanitaire.
L’enjeu est de taille. Les eaux stagnantes charrient leur lot de risques : maladies hydriques, contamination, insalubrité chronique. « Nous avons constaté un problème d’insalubrité général et il faut rapidement y remédier puisqu’il va continuer à pleuvoir », a prévenu le ministre Séna Alipui, donnant le ton d’une opération menée tambour battant.
Un week-end sur le terrain
Plutôt que de piloter les opérations depuis un bureau climatisé, le ministre a choisi la méthode du contact direct. Le week-end du 4 au 5 juillet, accompagné de ses collaborateurs, il a sillonné les sites de pompage et les dépotoirs intermédiaires pour constater, de visu, l’avancement des travaux engagés.
Le constat est celui d’un chantier tentaculaire mais organisé. Le pompage se poursuit sur les bassins de Caméléon, Tokoin Tamé, Togo 2000, Awatamé et Accordéon. À Avédji 2-Babakopé, une motopompe supplémentaire a été installée. À Tokoin Tamé, BESSAC a déployé trois pompes à pilotage par cabine, appuyées par la pose de conduites DN 200 sur quatre cents mètres. D’autres sites critiques, comme les dépressions des écoles primaires de Kotokoli Zongo et d’Akoin, doivent encore accueillir de nouveaux équipements pour évacuer les eaux vers le Zio.

Le grand nettoyage des dépotoirs
Mais c’est sur le volet salubrité que le ministre a mis le plus de pression. À Boka, au Triangle des Rails, au marché d’Agoè Zongo et à Akato, le groupe SARA a mobilisé pas moins de 50 camions-bennes pour acheminer les ordures accumulées vers le Centre d’Enfouissement Technique d’Aképé. Une opération censée soulager les bassins de pompage, régulièrement encombrés par ces déchets, tout en assainissant le cadre de vie des riverains.
Sur chaque site visité, Séna Alipui n’a pas mâché ses mots pour galvaniser les équipes : « Vous devez faire le maximum pour aller très vite de sorte que toutes ces ordures soient dégagées au bout d’une semaine. » Un délai serré, qui en dit long sur l’urgence perçue par les autorités.
La suite se jouera à l’échelle communale : les mairies concernées devront prendre le relais pour surveiller ces décharges une fois nettoyées, et gérer à terme les dépotoirs sauvages encore identifiés.
Sous l’impulsion du Président du Conseil, Lomé a activé le Plan ORSEC, mobilisant ANPC, ANASAP et partenaires techniques. Une réponse coordonnée qui, si elle ne peut empêcher le ciel de se déchaîner, montre au moins qu’à défaut de dompter la pluie, l’État entend maîtriser ses conséquences.
