Advertisements

Togo : Aimé Gogué et Komi Wolou en médiation discrète pour réconcilier Fabre et Adjamagbo

Selon nos informations, deux poids lourds universitaires de l’opposition togolaise, Aimé Gogué (Alliance des démocrates pour le développement intégral, ADDI) et Komi Wolou (Pacte socialiste pour le Renouveau, PSR), mènent depuis plusieurs semaines une médiation discrète entre Jean-Pierre Fabre et Kafui Adjamagbo-Johnson, dans l’espoir de refermer une brouille qui, depuis 2020, mine l’unité de l’opposition togolaise.

Le duo a en tout cas dû sortir du silence plus tôt que prévu. Le 21 juillet, un communiqué conjoint des deux professeurs vient confirmer ce que peu de monde savait officiellement : des « démarches » sont bien en cours entre les deux camps pour tenter de solder ce contentieux. La sortie de leurs deux personnalités n’est pas anodine, elle fait suite à une fuite embarrassante.

L’audio qui a mis le feu aux poudres

Quelques jours plus tôt, un enregistrement attribué à Ali Camus, évoquant précisément ces démarches, a circulé sur les réseaux. Dans leur communiqué, Gogué et Wolou ne mâchent pas leurs mots : ils disent avoir écouté cet audio « avec stupéfaction et indignation », estimant que son contenu ne reflète pas « l’état d’avancement des discussions » et s’avère « inutilement injurieux ». Pour les deux médiateurs, ces propos risquent de « compromettre les efforts en cours » et sont, à ce stade, « inopportuns et contreproductifs ».

Au-delà de l’incident, le communiqué confirme surtout l’essentiel : les échanges se poursuivent. Gogué et Wolou affirment avoir déjà eu des séances de discussion avec Fabre et Adjamagbo, dont ils assurent qu’ils se sont dits disponibles pour contribuer à la résolution du différend, tout en indiquant que d’autres initiatives sont également en cours en parallèle. De nouvelles rencontres seraient même prévues dans les jours suivants.

Un contentieux qui remonte à la présidentielle de 2020

Le différend entre les deux figures historiques de l’opposition togolaise n’a rien de récent. Depuis la présidentielle de 2020, le courant ne passe plus entre les deux camarades de lutte. Fabre, qui s’estime accusé à tort de trahison, jusqu’au qualificatif de « Judas », exige des « excuses publiques » (sic) de la part d’Adjamagbo avant d’envisager toute réconciliation. Depuis, les militants de l’opposition attendent de revoir les deux figures apparaître ensemble.

Sur le fond, pourtant, aucun des deux protagonistes n’a jamais complètement fermé la porte. Adjamagbo-Johnson a régulièrement affirmé sa disponibilité à travailler de nouveau aux côtés de Fabre, quand ce dernier, sans revenir sur son exigence d’excuses, n’a jamais explicitement écarté cette hypothèse.

Reste à savoir si cette médiation, désormais sortie de l’ombre malgré elle, aboutira. Une chose est sûre : dans le contexte actuel de mobilisation contre la nouvelle Constitution, l’unité retrouvée de l’opposition togolaise aurait une tout autre portée.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *