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Malgré les manigances de Talon pour partir sans partir, en termes de démocratie, entre le Bénin et le Togo c´est le jour et la nuit

Depuis que nos voisins de l´est connaissent la démocratie et l´alternance au sommet de l´état, depuis que Mathieu Kérékou, Nicéphore Soglo, Yayi Boni se sont succédé à la tête de l´état béninois, on avait jamais vécu ce retour aux affaires par une porte dérobée, comme le fait aujourd´hui Patrice Talon qui avait démocratiquement remplacé Yayi Boni et qui devrait normalement laisser, à son tour et entièrement, sa place au nouvel élu, Romuald Wadagni.

Oui, les Béninois, en tout cas, ceux qui ne sont pas partisans du président sortant, et ils sont nombreux, et les observateurs extérieurs, n´ont-ils pas le droit de se demander si Patrice Talon n´est pas parti de la présidence pour mieux rester au pouvoir? Avant même que Patrice Talon ne devînt président du sénat, nouvellement mis sur pied à la suite de la révision constitutionnelle de 2025, il se murmurait déjà qu´il y aurait un grand risque que le nouveau président du Bénin, du même bord politique et dauphin de Patrice Talon, soit mis en coupe réglée par ce dernier qui ne lui laisserait pas les mains libres pour gouverner.

Aujourd´hui où Patrice Talon ne s´est nullement gêné, trois mois après la fin de son second mandat, pour se faire élire président d´un sénat avec des pouvoirs exorbitants, devenant ainsi le troisième personnage de l´état, on voit que tout était calculé par lui pour que les choses soient ainsi. Et en se comportant comme il le fait aujourd´hui, nous pouvons affirmer que Monsieur Talon ne s´est nullement soucié du risque que cela pourrait constituer pour la bonne santé de la démocratie de son pays, que nous Togolais, surtout, admirons et prenons toujours en exemple pour mettre à nu le régime de terreur de notre pays. Mais nous souhaitons et espérons que les institutions qui constituent le socle de la démocratie béninoise, comme l´ont voulu ses pères fondateurs, dont en tête Mathieu Kérékou, à la conférence nationale de février 1990, soient solidement bien en place pour résister aux manigances actuelles de Patrice Talon qui est parti sans vraiment partir. Nous espérons que, comme Donald Trump aux USA avec ses velléités dictatoriales, ne pourra pas mettre fin à la démocratie américaine, le Bénin et sa démocratie s´en sortiront sains et saufs malgré le tourbillon actuel voulu par Patrice Talon et ses amis.

Ceci dit, il s´agit après tout de la situation politique au Bénin dont l´actualité actuelle, comparée à ce qui se passe à l´ouest, au Togo, nous renvoie à l´expression allemande: «meckern auf hohem Niveau». Ce qui voudrait dire que nos voisins Béninois, en se plaignant de la situation politique de leur pays, seraient en train de le faire la bouche pleine, ou ils auraient des caprices de riche. Car, il suffit qu´ils se rappellent que leurs frères Togolais ont un problème encore plus coriace, vivent un régime de dictature, de père en fils, aux allures tribalo-familiales, de plus d´un demi-siècle, dont personne ne peut prédire l´issue, pour réaliser que ce qu´ils ont aujourd´hui comme «problème» avec le comportement de Patrice Talon, n´est qu´un petit incident de parcours. N´oublions pas de rappeler que le destin des deux voisins, si proches et si lointains, le Togo et le Bénin, a basculé au début des années ´90. Le deux peuples revenaient de très loin et portaient encore les séquelles de plusieurs décennies de dictature militaire. L´un, le Bénin, parvint à laver son linge sale en famille et réussit sa mue démocratique grâce à la volonté de Mathieu Kérékou. L´autre, le Togo, n´eut pas cette chance, et le dictateur Gnassingbé Éyadéma, aux mains tachées de sang de ses compatriotes, jura la perte de son peuple et remit le témoin à son fils Faure Gnassingbé qui, après 21 ans au pouvoir, continue à exécuter fidèlement le maléfique testament de son père, en faisant voir de toutes les couleurs à ses compatriotes sur tous les plans.

Comme on le voit, et malgré les gymnastiques actuelles du président sortant béninois pour ne pas lâcher complètement le pouvoir, à côté du drame togolais, nos frères et voisins de l´est peuvent s´estimer heureux, et nous sommes persuadés que les institutions politiques de leur pays sont si bien ancrées et acceptées par tous, que l´épisode «Patrice Talon et ses amis» passera sans grands dégâts sur l´avenir démocratique du Bénin.

Et comme nous le mentionnions dans le titre de l´article, par rapport à ce qui se passe au Togo avec le régime Gnassingbé qui n´a aujourd´hui pour ennemi que son peuple, pendant que beaucoup de dirigeants autour de nous ne travaillent que pour le bonheur de leurs populations, nous pouvons affirmer sans nous tromper qu´entre le Bénin et le Togo, politiquement parlant, c´est le jour et la nuit.

Vivement qu´un jour nouveau se lève, d´une façon ou d´une autre, pour générer des dirigeants qui puissent faire en sorte que le Togo, aujourd´hui en lambeaux, redevienne une nation digne et respectée; au sein de laquelle, le respect de la vie, de la dignité humaine et les besoins primaires du citoyen sont au centre des préoccupations des premiers responsables du pays.

Samari Tchadjobo

Allemagne

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