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Togo – Faure Gnassingbé, artisan de libérations de mercenaires russes à l’étranger, mais… pas chez lui

Deux mercenaires russes, capturés par le FLA lors de la bataille de Tinzawaten en juillet 2024, ont retrouvé la liberté ce 20 août. Une libération obtenue, selon Jeune Afrique, grâce à une médiation togolaise entre le groupe armé et Bamako, la deuxième en une semaine, après celle de 82 militaires maliens détenus par le FLA et le Jnim.

On peut ne pas aimer Faure Gnassingbé, mais on sait qu’il sait décrocher son téléphone et mobiliser ses moyens quand il s’agit de faire libérer des étrangers retenus prisonniers à des centaines de kilomètres de chez lui. Le CV diplomatique du président du Conseil s’étoffe. L’homme collectionne les médailles de facilitateur : militaires ivoiriens détenus au Mali, crise entre le Rwanda et la RDC, dossier du M23… Faure a l’art et la manière de faire libérer du monde, partout, tout le temps. Le port de Lomé, hub stratégique pour les pays de l’AES, n’y est sans doute pas pour rien : mieux vaut avoir de bonnes relations avec ses voisins sahéliens quand on vit de leur trafic de marchandises. Passons !

« Cette libération a notamment été obtenue grâce à une médiation menée par le Togo entre le groupe armé et les autorités maliennes », précise Jeune Afrique. Selon le média, ce dénouement intervient une semaine après la libération des 82 militaires maliens, elle aussi obtenue grâce à l’entremise de Lomé. « Ces deux dénouements successifs confirment que Lomé tente activement de jouer le rôle de médiateur entre Bamako et les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad », ajoute le confrère.

Bref, à l’international, Faure négocie, obtient, libère. Un vrai as de la table ronde. Dommage que le talent ne s’exporte pas jusque dans son propre jardin : pendant que Lomé plaide la cause de deux Wagnériens égarés dans le désert malien, Marguerite Gnakadé, ex-ministre des Armées et belle-sœur du président, en est à plus de trois semaines de grève de la faim, réclamant simplement qu’on lui montre les preuves de ce qu’on lui reproche. Jean-Paul Oumolou, lui, croupit toujours en prison, comme les treize détenus que la Cour d’appel de Lomé a pourtant officiellement ordonné de libérer en février dernier, et que l’administration pénitentiaire « oublie » méthodiquement de laisser sortir depuis six mois. Quant au webcomédien Tayo, dont l’humour semblait visiblement plus dangereux qu’un mercenaire de Wagner armé jusqu’aux dents, il attend toujours son tour.

Entre l’efficacité affichée de la diplomatie régionale et des dossiers judiciaires nationaux qui peinent, eux, à trouver une issue, la différence de traitement n’échappe à personne à Lomé.

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