Une vidéo actuellement diffusée sur les réseaux sociaux met en cause le dispositif de contrôle et d’immatriculation des véhicules à Lomé, à la suite d’un présumé vol de voiture qui aurait été rendu possible par la mutation de la carte grise originale.
Selon les informations rapportées dans cette vidéo, un véhicule aurait été loué par un individu qui serait ensuite parvenu à faire muter la carte grise à son propre nom, devenant ainsi officiellement propriétaire du véhicule. Plusieurs personnes seraient impliquées dans cette affaire : l’une d’elles serait toujours en garde à vue, tandis que d’autres auraient été déférées en prison.
Cette affaire fait également ressurgir le cas d’un véhicule en souffrance au Port autonome de Lomé, volé par abus de confiance et corruption et fausse identité. La carte grise aurait, selon les accusations formulées, été finalement mutée au nom de Cyriaque Komlan Atankpato, présenté comme le présumé auteur du détournement. À ce jour, affirment la victime, aucune arrestation ni poursuite n’aurait été engagée contre lui par les autorités de ces services de l’État impliqués.
Les interrogations portent notamment sur le rôle de la SOTOPLA, organisme public chargé de l’immatriculation des véhicules et du contrôle de leur conformité. Son dispositif est censé permettre la vérification de l’authenticité des documents, notamment grâce à la centralisation des données avec les services de l’OTR et du Port.
Or, le cas cité soulève de sérieuses questions sur l’efficacité de ce mécanisme.
D’après les éléments rapportés, Cyriaque Komlan Atankpato aurait commencé la procédure en procédant au paiement du véhicule auprès de l’huissier du Port sous une fausse identité, sans fournir de pièce d’identité dans le dossier. Il aurait ensuite effectué les formalités douanières auprès de l’OTR sous cette fausse identité avant de parvenir à faire sortir le véhicule du Port toujours avec l’identité fictive sans pièces justificatives.
Le véhicule se serait finalement retrouvé dans les circuits de la SOTOPLA, où la carte grise aurait été mutée au véritable nom de l’intéressé, malgré l’origine présumée irrégulière du dossier.
Ces faits soulèveraient une question majeure : comment un dossier comportant, en amont, une identité présumée fausse aurait-il pu aboutir à l’établissement d’une carte grise au véritable nom du bénéficiaire ?
La centralisation des données entre les différents services de l’État semble ainsi ne pas avoir empêché, dans ce cas précis, le passage d’un véhicule acquis sous une identité présumée fictive jusqu’à son immatriculation au nom d’une autre personne.
Au-delà du cas individuel, cette affaire pose donc la question des éventuelles failles du système de contrôle entre le Port, l’OTR et la SOTOPLA, ainsi que de la responsabilité éventuelle des agents qui auraient traité ou validé les différents documents.
La victime dénonce, pour sa part, ce qu’elle considère comme une forme d’impunité et de silence au sein des services concernés : « C’est l’impunité, le silence complice depuis le sommet de ces services de l’État. Ce n’est pas étonnant que d’autres personnes répètent ce que Cyriaque Komlan Atankpato a fait sans être arrêté jusqu’aujourd’hui. ».
Ces accusations, qui restent à établir judiciairement, appellent désormais des réponses claires des autorités compétentes. Une enquête approfondie permettrait notamment de déterminer comment le véhicule a pu franchir les différentes étapes administratives, d’identifier les personnes ayant validé les documents et, le cas échéant, d’établir les responsabilités individuelles.
Qu’en est-il réellement du rôle des agents de l’État dans cette affaire et pourquoi le présumé n’ a t il pas été arrêté et poursuivi par l’État? Une question à laquelle une enquête transparente devrait permettre de répondre.
Nous y reviendrons.

