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Pendant que des tonnes de riz Kovié pourrissent dans les magasins, le gouvernement commercialise du riz japonais

Au Togo, la gouvernance est illisible à tout point de vue. Il n’y a aucune logique ni cohérence dans les actions gouvernementales.

Commercialisation du riz japonais, le paradoxe
C’est tout souriant que le ministre de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources Animales et de la Souveraineté Alimentaire Antoine Lekpa Gbegbeni, et l’ambassadeur du Japon au Togo, Gomakubo Junji, ont signé, le mardi 8 septembre 2026 à Lomé, les documents de financement du projet d’assistance alimentaire japonais dénommé Kennedy Round, au titre de l’année 2026. Il est annoncé un financement de 200 millions de yens, soit environ 800 millions FCFA pour l’acquisition de riz destiné aux populations, notamment les plus vulnérables, qui sera commercialisé à un prix subventionné. De là, une cargaison de 1570 tonnes de riz blanc est attendue au Port autonome de Lomé en décembre prochain, au titre du KR 2025.

Il se rapporte que cette nouvelle contribution japonaise vise ainsi à soutenir l’approvisionnement du marché national en riz et à faciliter l’accès des ménages à cette denrée de première nécessité.
Pour le ministre Gbegbeni chargé de la Souveraineté Alimentaire « pour le Togo, la vente du riz KR non seulement contribue au renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle du pays, mais participe aussi à la stabilité des prix sur le marché national »

De son côté, l’ambassadeur Gomakubo Junji, avance que ce fonds pourra, après concertation entre les deux gouvernements, servir au financement de projets de développement socioéconomique, notamment dans les secteurs de l’agriculture et de l’éducation.
Pour le Togo , c’est le renforcement de la coopération avec le Japon avec l’aide alimentaire qui se porte bien. Mais à quel prix ?

Riziculteurs de Kovié dans la tourmente et le désastre
«Les riziculteurs de Kovié et Assomé ont perdu le sommeil depuis plusieurs mois.
    Pour cause: la  mévente du riz de Kovié. Les producteurs ont plusieurs centaines de tonnes de stock de riz non vendus au moment où le  riz importé au Togo a grandement envahi le marché. 

Un tour dans la zone laisse voir des producteurs au désarroi.

«Nous avons en magasin la production de 2024 et celle de 2025 et nous nous apprêtons comme cela pour la petite campagne. A mon niveau seul , j’ai plus de mille tonnes, je n’ai plus d’argent pour continuer «, a confié dépité un producteur. Pourtant, Union Cantonale des Riziculteurs de Mission-Tové/Asome)-Vallée de Zio (UCARIM) ,  une coopérative agricole majeure basée dans la Préfecture de Zio, au Togo indique avoir mené plusieurs démarches  auprès des autorités pour leur faciliter l’accès au marché sans suite.
    Cette coopérative nourrit de nobles ambitions dans le consommer local et se consacre au développement de la riziculture, à l’autosuffisance alimentaire et à l’amélioration des conditions de vie des petits producteurs locaux. Le riz de Kovié  très apprécié de consommateurs ne coûte que 12.500 FCFA le sac de 25 kg.

Il a été juste écrasé par la concurrence déloyale du riz importé. Comme cela a été fait pour le tilapia, il importe que les ministres du commerce et de l’agriculture sortent de leur léthargie pour sauver ces producteurs à l’agonie», écrivions nous dans notre parution N°1268 du 02 juin 2026. Plus de deux mois plus tard, rien n’a changé. Pourtant il existe la Foire Made In Togo et le mois de consommer local pour du folkore. Comment un ministre qui porte un ronflant portefeuille  de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources Animales et de la Souveraineté Alimentaire se transforme en commerçant du riz pendant que  ses concitoyens sont dans la mévente?

Où se trouve la lutte pour cette Souveraineté Alimentaire lorsque les initiatives locales sont plombées par le même gouvernement sensé protéger les producteurs locaux? Basiquement, la commercialisation du riz japonais par le gouvernement crée une concurrence déloyale qui enfonce les riziculteurs.C’est une incohérence notoire qui ne répond à aucune politique de souveraineté alimentaire.

Kokou AGBEMEBIO

Source : Lecorrecteur.tg

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